Les Mystères Douloureux avec Jean Baptiste

Le Père Besnard écrivait : ‘Oter Jean Baptiste, c’est empêcher l’évangile de commencer’ ;. Peut-être pourrait-on ajouter ‘Oter Jean Baptiste, c’est empêcher la Passion de commencer et le salut de s’accomplir’.
Pour méditer les mystères douloureux, nous rejoignons donc Jean Baptiste dans sa prison (cf Lc 7,18-35) .
C’est de là qu’il va nous aider à accompagner Jésus dans sa Passion.

L’agonie de Jésus

“ Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre ? ” (Lc 7,19-20)

Jésus dans son Agonie semble confirmer ou réactualiser le doute, l’inquiétude, l’incompréhension que Jean Baptiste a exprimés dans sa prison . Cette question inquiète semblait vouloir provoquer Jésus pour qu’il passe (enfin) à l’action. Or, selon la réponse de Jésus, tout est accompli : les sourds entendent, les boiteux marchent…Jésus, semble-t-il, n’a pas visité Jean dans sa prison ; mais il a fait grandir sa foi en lui annonçant ‘Les morts ressuscitent’. Fort de cette Bonne Nouvelle, Jean Baptiste alla vers sa mort. Réciproquement, conforté par son précurseur, Jésus peut dire à son Père : “ Non pas ma volonté, mais la tienne… ”

Demandons à Jean Baptiste la force de la foi dans l’épreuve
Et la lumière qui triomphe du doute et donne la paix.


La flagellation

“ Qu’êtes-vous allés regarder au désert ? Un roseau agité par le vent ?… Flagellé, qu’on fait courber ?… ” (Lc 7,24 b)

Jean Baptiste, un roseau, lui qui fut remarqué par son exigence inflexible (celle-là même qui le conduisit en prison) ? Quelle comparaison inattendue ! Alors que Jésus flagellé pourrait bien être comparé à ce roseau fouetté par le vent, que l’on fait courber. C’est encore à lui que l’on donnera, par dérision, un roseau en guise de sceptre.
Comme Jean Baptiste, mieux que Jean Baptiste, Jésus flagellé serait-il Le prophète et plus qu’un prophète ? Jésus suit Jean Baptiste qui lui a préparé la route et le chemin de la flagellation. Jésus suit celui qui est le plus grand parmi les enfants des femmes et Jésus flagellé reste le plus beau parmi les enfants des hommes.

Avec Jean Baptiste, proclamons :
Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde !


Le couronnement d’épines

“ Qu’êtes-vous allés voir au désert ?… Un homme vêtu d’habits élégants, vivant dans le luxe et les palais des rois ?… ” (Lc 7,25)

Que de thèmes qui se mêlent, se renvoient ou s’opposent étrangement. Jésus couronné est Roi, il n’habite pourtant pas un palais de Roi ; Jean est vêtu de peau de chameau ; Jésus est vêtu d’une chlamide écarlate après avoir été dépouillé de ses vêtements ; à ce Jésus Roi, on offre un roseau comme sceptre (Mt 27,29) ; signe supplémentaire de dérision, le roseau est faible, il plie…
Et Jean Baptiste, témoin de l’Agneau conduit à l’abattoir, a reconnu le Roi de Gloire.

Invoquons-le pour que nous sachions reconnaître le Christ dans nos frères emprisonnés, maltraités…


Le portement de Croix

“ Heureux qui ne tombera pas à cause de moi ” Lc 7,23

Jésus a fortifié la foi de Jean Baptiste dans sa prison par la prophétie de cette béatitude ; et voici qu’il porte lui-même sa Croix ; et voici même que sur ce chemin de douleur, il tombe lui-même par 3 fois. Jean Baptiste peut en témoigner : le Christ a pris sur lui nos souffrances, nos misères, nos péchés. C’est lui qui tombe alors que les boiteux marchent, les aveugles voient, les morts ressuscitent.

Devant le témoignage de Jean Baptiste, fortifions notre foi et notre espérance.
Et témoignons-en dans toute notre vie…


La mort de Jésus

Jean Baptiste est précurseur du Messie par sa mort bien sûr (Mt 14,3-14); et certains détails des circonstances les rendent très proches :
* la mort de Jean a (un peu) ennuyé Hérode, pris au piège de sa promesse à Hérodiade, car Jean avait bonne réputation et la foule l'estimait.
* la mort de Jésus a (un peu) ennuyé Pilate qui ne trouvait rien de valable pour le crucifier ; et sa femme confirma ce sentiment en lui disant : “ Ne te mêle pas de l’affaire de ce juste ”.

Mais Jean comme Jésus furent mis à mort…
* plus tard les disciples de Jean viendront prendre son corps pour l’ensevelir.
* tout comme les disciples de Jésus viendront prendre son corps pour le mettre au tombeau.

Mieux encore l’iconographie, avec le retable de Grünwald en particulier, nous présente Jean Baptiste comme le témoin de l’Amour en sa plus belle expression. Jésus est en Croix et Jean Baptiste au pied de la Croix montre du doigt le Messie crucifié et s’écrie Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde, pendant qu’un agneau accompagné d’une petite croix laisse jaillir son sang qui est recueilli dans une coupe.

Prions pour les juges, les juristes, les magistrats de nos sociétés.


Dans un même esprit : Les Mystères Joyeux, Les Mystères Lumineux et Les Mystères Glorieux

 

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