Prier les Mystères Glorieux avec fr. Pierre Hugo, o.p.

La Résurrection

« Le soir de Pâques, toutes portes étant closes par crainte des juifs, là où se trouvaient les disciples, Jésus vint et se tint au milieu d'eux ; il leur dit : Paix soit à vous. Ce disant, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie à la vue du Seigneur » (Jn 20, 19-20).

« Je suis ressuscité et me voici pour toujours avec toi » (introït de Pâques). Ce chant est avant tout la prière du Christ, son action de grâce devant le Père qui le ressuscite. C'est l'heure où la prière du Jeudi saint est exaucée en plénitude : « Père, glorifie ton Fils » (Jn 17). Le mystère de Pâques c'est d'abord le mystère de Jésus à jamais près de son Père.
Pâques c'est aussi le cœur de notre foi, la « fête des fêtes » de l’Église. Par delà la souffrance et la mort, la vie et la joie restent les dominantes de nos vies. « Ensevelis avec Lui lors du baptême, vous êtes déjà ressuscités avec lui, parce que vous avez cru à la force de Dieu qui l'a ressuscité d'entre les morts » (Col 2, 12). Si Jésus montre aux disciples ses mains et son côté, c'est pour leur dire et nous dire que tout notre être, tout l'amour donné et reçu, même nos blessures, seront transfigurées. Elles seront notre parure devant Dieu. Malgré les assauts du doute et de l'incroyance, Pâques nous remplit de puissance et d'audace : nous sommes vainqueurs du monde (1 Jean 5, 4-5).

L’Ascension

« Vous serez mes témoins à Jérusalem… et jusqu'aux confins de la terre. Quand il eut dit cela, ils le virent s'élever, puis une nuée vint le soustraire à leur regard » (Ac 1, 8-9).

Quarante jours après Pâques, Luc témoigne de l'Ascension de Jésus sur le mont des Oliviers. C'est la dernière apparition de Jésus ressuscité avant son retour à la fin des temps (Ac 1, 11). À partir de ce moment est clos le temps des entretiens familiers avec Jésus. S'éloigne-t-il de nous? Loin de là. S'il retire sa présence sensible, c'est pour nous être présent de façon plus intérieure, plus proche, au point de nous appeler ses frères (Jn 20,17). C'est l'heure où commence le témoignage : « Va dire à mes frères que je monte vers mon Père et votre Père. » On retrouve Jésus et ceux qui nous ont quittés, non en nous enfermant dans les souvenirs passés, mais en allant de l'avant, près du Père et parmi nos frères.

Vierge Marie aide-nous à croire et à vivre la communion des saints, entre vivants de la terre et vivants du ciel, dès maintenant.

La Pentecôte

« Quand les jours de la pentecôte furent accomplis, les disciples étaient tous ensemble dans le même lieu. Et tout à coup vint du ciel comme un violent coup de vent » (Ac 2, 1-12).

Tandis que les apôtres sont en prière, unanimes, avec Marie, l'Esprit Saint leur est donné comme un souffle, comme un feu.
Depuis la mort et la résurrection de Jésus, le Royaume est déjà là, mais son trésor demeure caché. Un Maître intérieur nous est nécessaire pour nous le découvrir et en vivre. S'il est comparé à un feu c'est qu'il jette la lumière sur tout et nous conduit à la vérité tout entière (Jn 16, 13-15). Comme le feu de l'amour, il détruit les barrières des langues, des cultures et refait l'unité détruite à Babel ; il met au cœur des apôtres craintifs cette ardeur apostolique qui les conduira au bout du monde (Ac 1, 8). Souffle créateur, Feu vivant, l'Esprit n'est pas un hôte de passage. Il est le « doux hôte » de l'âme, à demeure en nos cœurs. C'est cette Pentecôte intérieure que Jean a surtout retenue pour notre joie : « Si quelqu'un m'aime, il gardera ma parole, mon Père l'aimera, nous viendrons à lui et nous ferons en lui notre demeure » (Jn 14, 23).

Vierge Marie, Temple de l’Esprit Saint, mets en nous ta prière : Viens Esprit Saint en nos cœurs ; viens en nous Père des pauvres; viens lumière de nos cœurs ; allume en nous le feu de ton amour.

L’Assomption

« Un signe grandiose apparut au ciel : une Femme ! Le soleil l'enveloppe ; la lune est sous ses pieds et douze étoiles couronnent sa tête. Elle est enceinte et crie dans les douleurs de l'enfantement » (Ap 12, 1-2).

En Marie, l’Église est déjà au terme. Dans le ciel où elle est glorifiée corps et âme, la Mère de Jésus inaugure l’Église en son achèvement dans le siècle futur. La résurrection de Jésus est promesse de notre résurrection, mais en Marie, dans le mystère de son Assomption, c'est une jeune fille de notre race, c'est l’Église qui est déjà entrée dans le définitif. Marie en corps et en âme dans le ciel fait signe à la terre. Elle brille comme « un signe d'espérance et de consolation devant le peuple de Dieu en pèlerinage » (Lumen Gentium, 68).
Grâce à une femme qui a pleuré et souffert avec nous, qui a une chair comme nous, cette chair que les uns haïssent et les autres adorent, est déjà près de Dieu, éternellement sauvée.

Vierge Marie, dans la gloire de ton Assomption, rends-nous attentifs aux choses d'En-Haut, redis-nous que tout est grâce afin que nous puissions partager un jour ta gloire.

Le couronnement de Marie

« Salve Regina… Nous te saluons, ô reine, mère de miséricorde! »

Sur terre, Marie a été avant tout celle qui sert : « Voici la servante du Seigneur. » Dans le ciel, Jésus a couronné sa mère reine du monde. Toutefois, comme disait Thérèse de Lisieux, Marie est plus mère que reine. Elle continue dans le ciel son office de Cana, elle intercède pour tous nos besoins. Elle nous redit, à travers tout : « Faites tout ce qu'il vous dira. » Elle nous aide à consentir à Dieu jusqu'à l'heure de notre mort. À cet instant, elle nous aide murmurer la prière du Christ : « Entre tes mains… »

Sainte Marie, Mère de Dieu, prie pour nous pécheurs. Que notre « oui » reste un « oui ». Et au terme de notre exil, daigne nous montrer ton Fils, Jésus!

Dans un même esprit :
Les Mystères Joyeux, Les Mystères Lumineux et Les Mystères Douloureux

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