Il faut bien partir...

4ème homélie du Pèlerinage du Rosaire prêchée à Lourdes le samedi 6 octobre 2012
 

Le Pèlerinage du Rosaire, c’est bien, mais le problème c’est qu’il a une fin!

Il faut se rendre à l’évidence, frères et sœurs : nous y sommes presque. L’heure des adieux va bientôt sonner et nous sommes déjà dans les valises. Et on n’aime pas partir de Lourdes. Vous, je ne sais pas, mais à chaque fois que je quitte la Grotte, j’ai l’impression que je ne reviendrai plus. C’est bête, je sais. Mais en même temps une petite voix me dit qu’il faut bien partir pour pouvoir revenir. On se console comme on peut!

Si nous avons tant de mal à quitter Lourdes à la fin du notre pèlerinage, c’est que nous ne laissons pas seulement un lieu. Nous laissons des amis, d’autres pèlerins avec lesquels des liens très forts se sont tissés. Et nous en sommes profondément tristes, même si nous espérons bien que nous nous reverrons l’an prochain… et même avant, si Dieu le permet ! Tenez, par exemple, depuis hier, je n’ai plus croisé le frère Jacek qui nous a accompagnés les trois premiers jours. J’aurais bien aimé lui dire au-revoir, me confier à sa prière fraternelle.

Nous avons du mal à quitter nos amis comme les disciples ont du mal à quitter Jésus et pourtant il va y aller progressivement avec eux. Après sa résurrection, il leur apparaîtra plusieurs fois, comme s’il voulait qu’ils s’habituent peu à peu à son absence corporelle. Et il vient les voir au Cénacle, sur les chemins, au bord du lac de Tibériade… Et dans l’évangile que nous venons d’entendre, il leur donne un signe, une pêche miraculeuse !

Une pêche miraculeuse alors qu’ils sont fatigués et découragés après une dure nuit de travail. Le filet est plein de gros poissons : il y en avait cent cinquante-trois ! On a beaucoup écrit sur ces cent cinquante-trois poissons ! Les spécialistes, parmi lesquels on trouve saint Augustin, y ont vu l’expression de la totalité de la création appelée à être sauvée par la mort et la résurrection du Christ. Nombreux sont ceux qui ont fait de savants calculs…

Et si tout était bien plus simple que ça ? Et s’il suffisait de prendre notre rosaire ? C’est ce que j’ai fait et en comptant les grains des Je vous salue, Marie, je suis arrivé au nombre de… cent cinquante-trois ! Quelle belle coïncidence providentielle !

Comme le filet de la pêche miraculeuse, la corde du rosaire est solide. Elle ne se rompt pas !
Comme les cent cinquante-trois poissons expriment la totalité de la création, les cent cinquante-trois Je vous salue, Marie de notre rosaire embrassent le monde entier : nous pouvons les unir à autant de noms, de visages ou de situations.
Comme les disciples reconnaissent le Seigneur alors qu’ils retiennent leur filet rempli, nous trouvons Jésus par Marie, le rosaire bien en main !

Tout heureux de ma trouvaille, ce matin, je m’étais décidé à aller dire un rosaire à la grotte, en action de grâces pour notre pèlerinage. Et je rêvassais, le nez en l’air. C’est alors que je l’ai vu, alors que j’allais passer sous la rampe. Le frère Jacek ! Enfin, sa statue. La statue de saint Hyacinthe de Pologne !

Effectivement, là où il est placé, il a veillé sur chacun des pèlerins, comme il me l’avait dit, le premier soir ! Traditionnellement, on le représente avec, dans une main, un ostensoir qui contient le Saint Sacrement et dans l’autre, une statue de la Vierge Marie. La raison en est la suivante : un jour, alors qu’il était en mission, Hyacinthe finissait de célébrer la messe dans une église de Kiev. On vint lui annoncer que les Tatars envahissaient la ville, la pillaient et tuaient ses habitants. Rapidement, Hyacinthe prit le Saint-Sacrement et chercha à s’enfuir. Arrivé sur le pas de la porte de l’église, il entendit une voix : «Hyacinthe, tu as pris mon Fils, et moi, tu veux me laisser ? » Il fit demi-tour, prit dans sa main la statue en marbre de la Vierge et, sans sentir son poids, sortit en sécurité de la ville !

Que nous enseigne cette belle histoire ? Pas Jésus sans Marie… et vice-versa. C’est ça, le rosaire !

Pèlerins du Rosaire, vous aimez le rosaire ? Alors, priez le rosaire !
C’est une chaîne admirable qui nous conduit jusqu’au ciel. En méditant la vie de Jésus avec Marie, vous parviendrez à leur ressembler. Priez le rosaire, ce sera comme la respiration de votre âme, le battement de votre cœur !

Vous aimez le rosaire ? Alors, prêchez le rosaire !
C’est une prière toute simple. Enseignez-la à vos enfants et petits-enfants. Vous vous surprendrez à la proposer à ceux qui ne savent pas, à ceux qui n’ont pas les mots. Le Seigneur fait si bien les choses et nous offre cette prière. Soyez de fervents propagateurs du rosaire !

Vous aimez le rosaire ? Alors, vivez le rosaire !
Vivre le rosaire, c’est s’approprier les différents mystères que nous méditons, ces scènes de la vie de Jésus et de Marie qui finalement s’accordent si bien avec notre vie de tous les jours. Vous y trouverez la joie, la lumière, la douleur et la gloire. Bref, un résumé de toute vie !

Vous aimez le Rosaire, le Pèlerinage du Rosaire ?
Alors revenez au Rosaire, encore et toujours !

Oui, frères et sœurs, souvenez-vous : « Rosaire un jour, Rosaire toujours ! »

Amen, alléluia !

L'ensemble des prédications et des conférences est en vente dans la Boutique du Pélé sur le site du Pèlerinage du Rosaire

Category:
French