Les Mystères Douloureux avec le frère Benoît-Dominique de la Soujeole

Une méditation parue dans la Revue du Rosaire de juillet-août 2008


Agonie au jardin des Oliviers

« Mon âme est triste à en mourir ; demeurez ici et veillez » (Marc 14, 34).

À l’heure où les ténèbres envahissent plus les cœurs que le ciel, Jésus fait l’expérience de la tristesse qui conduit à la mort. Tristesse de la solitude, tristesse du rejet de son peuple, tristesse de « l’effroi et de l’angoisse » (Marc 14, 33) devant le mystère du mal qui va se déchaîner sur lui. Sa seule attitude est alors la prière à celui qu’il appelle familièrement «Abba», c’est-à-dire « papa ». Comme il l’avait enseigné à ses disciples, Jésus n’est jamais seul, car le Père et lui sont toujours unis.

Seigneur Jésus, l’heure de ton agonie t’a fait rejoindre au plus intime toutes les souffrances humaines vécues dans la détresse de la solitude. À notre prière, rejoins maintenant tous tes enfants éprouvés en ce monde pour leur manifester la présence du Père qui fut ton seul réconfort à l’heure de ta passion.


Flagellation

« Pilate, après avoir fait flageller Jésus, le livra pour être crucifié » (Marc 15, 15).

Le sang précieux de Jésus commence à se répandre chez Pilate, et il coulera sur tout le trajet jusqu’à la croix. Il est ainsi la trace ou le signe qui permet de suivre Jésus et de saisir dans la foi humble et simple le sens de son sacrifice : sa vie, nul ne la prend, c’est lui qui la donne.

Ô Christ, tu as présenté ton dos à ceux qui te battaient ; tu ne t’es pas défendu, toi le Juste, parce que as accepté le mystère de la volonté du Père et endossé le mystère plus profond encore du mal. Que ta douceur devant tant de violence évangélise nos cœurs pour qu’ils sachent te suivre malgré les oppositions du monde.


Couronnement d’épines

« Salut, roi des Juifs ! » (Marc 15, 18).

La moquerie s’en prend toujours à la pureté, à la sainteté, à la droiture. Les êtres vils et bas ne supportent pas la noble faiblesse des petits sans défense qui sont les bien-aimés de Dieu. Les réalités sacrées sont encore profanées, comme le fut l’humanité sainte de Jésus couronné d’épines.

Père très saint, tu as vu ton Fils outragé, et par lui c’est toi que l’on voulait atteindre, toi qui règnes sur les rois de la terre. Regarde notre monde, et prends en pitié tous ceux qui « ne savent pas ce qu’ils font » (Luc 24, 34) quand ils outragent les plus petits de ton peuple en lesquels est l’image de ton Fils.


Jésus porte sa croix

« … des femmes suivaient Jésus et se lamentaient sur lui » (Luc 23, 27).

La femme est l’être de compassion courageuse. En raison de son mystère-ministère de vie, la femme est proche de Jésus au moment où il offre sa vie. Les filles de Jérusalem (Luc 23, 28) sont les témoins pour nous de cette part belle et sainte du peuple qui entoure Jésus et de qui va naître, quelques heures plus tard, la communauté chrétienne.

La croix traverse la ville sainte dans une atmosphère houleuse, désordonnée, haineuse. Mais en réalité, dans le cœur de Jésus et des saintes femmes, le mystère s’accomplit en une procession pleine de noblesse : l’amour se dit et se donne totalement, sans réserve ni condition.


Crucifiement et mort de Jésus

« Sûrement, cet homme était un juste ! » (Luc 23, 47).

Quelle force dans la grâce de la foi ! Voyant le cadavre de Jésus supplicié, le centurion confesse son mystère : le Juste. Là où Jésus est le plus rabaissé – il est mort – là est aussi le point de départ de l’éclosion du salut qu’il est venu nous offrir.

Esprit Saint, force et douceur de Dieu, remplis nos cœurs comme tu as gratifié le centurion d’une foi simple et forte. Que la vénération de la croix où l’amour s’est accompli pour nous nous fasse toujours progresser dans la louange et l’action de grâce.


Dans un même esprit :
Les Mystères Joyeux, Les Mystères Lumineux et Les Mystères Glorieux

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