« Quoi qu’Il vous dise, faites ! », Marie de Cana

Avec le Seigneur, entrons librement dans les desseins de la Providence. Quoi qu’il vous dise, faites ! [Jean 2, 1-12]. La Mère de Jésus demande de suivre la parole de son Fils - pas seulement en Galilée, mais ici ! Est-ce trop dire ? A Cana, les disciples crurent en lui. Alors accueillons aussi ce dont cette phrase est le fruit. Par ses racines apparaîtra sa densité ; et notre vie pourra grandir. Les manifestations du Christ culminent avec cette parole.

1. Depuis que dans le silence le Verbe s’est fait chair, l’homme apprit devant son Seigneur une adoration originale ; non pas simplement l’adoration qui serait l’expression de son être religieux devant un dieu, mais une adoration déroutante face à ces trois éléments :
• simplicité inattendue pour un Roi,
• proximité inconcevable pour un Dieu,
• fragilité stupéfiante pour le Tout-Puissant, l’Auteur de toute Vie.
Et cela se déploya peu à peu, depuis l’épiphanie silencieuse, émouvante, placée par Dieu sous le regard de Joseph et de Marie. Mais aussi depuis l’épiphanie aux bergers, une nuit, en Judée. Et encore, depuis l’épiphanie silencieuse aux mages. L’homme apprenait la fécondité de cette adoration, avec ces sages païens ayant accroché leur vie à une étoile pour contempler la Lumière, née de la Lumière, puis pour transmettre la Sagesse du Créateur du monde. Enfin, depuis la Judée et ces manifestations du Seigneur, revenu en Galilée, le petit enfant croissait ... et la grâce de Dieu était sur lui [Luc 2, 52]. Mais la Mère de Jésus ne disait pas encore : Quoi qu’il vous dise, faites !

2. Maintenant, cette grâce de Jésus étonne. Autant lors du Baptême comme durant les Noces. Il n’y a plus adoration ni silence avec ces épiphanies de Galilée : ni dans les eaux du Jourdain, ni lorsque l’eau devient vin. Il y a deux épiphanies contrastées. L’une vécue près de Jean ; l’autre grâce à Marie. L’une manifestant un Maître près du Précurseur ; l’autre reçue grâce à l’humble Servante. Au baptême, Jésus commande en Seigneur ; mais aux Noces, il accepte en Serviteur. Le sens du baptême s’accomplira dans un Mystère d’Alliance, comme la liberté personnelle dans le Mystère de la Providence.

3. Ces épiphanies sont complémentaires.
• Au Baptême, en effet, la voix du Père proclama Jésus comme l’Unique et le Bien-Aimé. Père, Fils et Saint-Esprit se manifestent sur les eaux pour une création renouvelée ! Et André dit à Simon-Pierre : Nous avons trouvé le Messie. Pour qu’André, commence à croire en lui, comme Seigneur, et pour que cette manifestation féconde sa foi, Dieu choisit une médiation humaine, un regard, un constat, un dialogue entre Mère et Fils. C’est une des grâces de cette phrase : Quoi qu’il vous dise, faites ! Après la majesté proclamée dans la Gloire, au Jourdain, vient une phrase de Marie. Le Seigneur, c’est le Serviteur ! Le message est net. C’est ainsi que le Seigneur se révèle Sauveur. Il l’a choisi, comme l’époux fait un cadeau à son épouse. Et, en comprenant cela, notre liberté peut lui répondre.
• A Cana, l’humble servante, Marie, souffle à son Fils : Il n’ont plus de vin. Qui aura entendu - hormis celui qui aime et qui écoute ! A la remarque : Mon Heure n’est pas encore venue, Marie sait, dans la foi, ce qu’elle peut dire aux hommes qui s’affairent, aux serviteurs, à nous. Elle a toujours répondu à la Miséricorde du Seigneur. Elle peut lire dans son histoire personnelle, comme sur le visage de son Fils et dans ses yeux, qu’il accomplira sa prière. Elle n’oblige pas Dieu. Mais grâce à lui elle prophétise : Quoi qu’il vous dise, faites !
• Aujourd’hui, des disciples sont là. Venus avec Jésus, et présents pour nous. Librement leur foi rejoint la Providence. Les mots se changent en parole ultime, touchant à Dieu, éclairant les hommes. Ce mystère est pour notre croissance.

4. Les épiphanies du Seigneur, ou ses manifestations, culminent avec cette parole ; aussi, mesurons-la !
• Il y a une parole du troisième jour, comme ce 3ème jour futur et fondateur de la Pâque de Jésus-Christ, à Jérusalem ; comme celui passé et fondateur de la Théophanie de Dieu à Moïse et à tout le Peuple hébreu en exode, au Sinaï. Cette parole assume ce que nous plaçons sous l’action du Seigneur : que ce soit les jarres des ablutions rituelles, aussi nombreuses que les jours de la Création ancienne, ou que ce soit l’eau symbolique mais surabondante ; ou que ce soit nous-mêmes et nos jours, nos peines et nos joies, nos préoccupations et nos projets, que sais-je ! Seigneur, que ta volonté soit faite !
• Puis, voyons Marie. Elle est là, manifestant Jésus ; comme elle sera là, à la Croix, nous enfantant comme des créatures nouvelles. Femme, icône de l’Eglise !
• Enfin, il y a chacun de nous qui sait désormais qui est Jésus, le seul nom propre de cette page ! Il est Verbe fait chair, Sauveur et Roi, l’un de la Trinité divine et le Fils de Marie ; chacun sait qu’il est partout proche de tous ! Proche de tous quels qu’ils soient : bergers ou mages, Précurseur ou disciples, maître ou serviteur, moi, vous !

La parole a résonné : Quoi qu’il vous dise, faites ! En peu de mots, une phrase immense est glissée aux serviteurs : elle a même pouvoir sur le Seigneur, selon sa volonté ! Elle nous est confiée aussi par sa Mère pour être notre lumière et pour guider notre vie.
N’est-elle pas un moyen sûr pour que notre liberté, comme celle des disciples, puisse grandir avec Providence du Seigneur et dans son Alliance?

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