Aimer les Noces de Cana

Homélie prêchée Chapelle Saint-Thomas à Toulouse, pour la messe du 16 janvier 2010 (Messe anticipée du dimanche des Noces de Cana) avec les Scouts et Guides de France de la Paroisse Notre-Dame du Rosaire



Nous avons tous, frères et sœurs, nos pages d’Évangile préférées. Et l’histoire des Noces de Cana que nous venons d’entendre ne fait pas exception. Elle est choisie par nombre d’époux pour leur messe de mariage : c’est normal, Jésus vient s’inviter aux noces ! Elle est appréciée par les enfants. J’en veux pour preuve la réaction d’une petite fille gitane à qui nous faisions la catéchèse dans les quartiers Nord de Marseille : «Moi –disait-elle- l’histoire que je préfère, c’est celle de l’os de canard… j’ai mis du temps à comprendre ! Mais elle aimait cette histoire, à ne pas en douter !

Alors pourquoi aimons-nous cette histoire ?

Tout d’abord, parce que… c’est une histoire ! Construite comme un conte, avec la présentation des personnages, un problème qui surgit et le «héros» qui, miraculeusement, trouve une solution qui permet d’arriver à une fin heureuse.

Mais ce n’est pas une histoire comme les autres : c’est le premier «signe» de Jésus. Et derrière le merveilleux du changement de l’eau en vin, il y a autre chose : l’annonce de la nouvelle Alliance du Seigneur avec son peuple. Jésus reste étonnamment discret sur le tour qu’il vient de jouer et pourtant c’est là qu’il révèle sa gloire.

Oui, c’est une histoire, qui nous montre que Jésus révèle sa gloire dans nos histoires, dans la petite histoire de notre vie. Il suffit de savoir ouvrir les yeux, de savoir goûter cette gloire et ça, ça s’apprend, comme on apprend à goûter du bon vin.

Nous aimons beaucoup cette histoire parce que c’est un mariage ! Et nous aimons les histoires d’amour, même si nous ne l’avouons pas trop aux autres.

Mais ce n’est pas un mariage comme les autres. Si nous avons été attentifs, on remarque que c’est un mariage sans épouse. Il n’est même pas fait allusion à elle. Quand on marié, il est bien nommé… mais il n’ouvre pas la bouche. Au contraire, il y en a bien un qui est nommé et pas moins de 7 fois : c’est Jésus !

Jésus ! Nom qui signifie « Dieu sauve ». C’est lui que le peuple haïtien invoque à chaque fois que la terre est secouée par une réplique du terrible tremblement de terre. C’est Jésus qui est invité à un mariage. Parce qu’un mariage, c’est pas si simple que ça. Et sans lui, ça l’est encore moins. Un mariage, c’est comme du bon vin. Si on n’en prend pas soin, ça tourne au vinaigre.

Enfin, nous aimons cette histoire, parce qu’il y a la Vierge Marie. Et comme on en parle pas souvent… on est bien content de la voir, la Mère de Jésus qui était là.

Mais ce n’est pas celle que l’on croit. Vous savez, la Vierge de Nazareth, toujours sage, qui pose les bonnes questions à l’ange, la jeune maman, à Bethléem qui médite toutes les choses en son cœur…

Elle est là, à Cana, et elle est bien là. Et ce qu’elle veut obtenir, elle l’obtiendra, même si elle doit un peu forcer la main de Jésus. Et là, nous jubilons. Ce que nous demandons par elle, même ce qui est impossible humainement, elle nous l’obtiendra. Je le sais, je le crois. Il suffit de faire… tout ce qu’il nous dira.

Nous l’aimons bien, frères et sœurs, cette histoire.
C’est la nôtre !
Bienheureux sommes-nous, invités aux noces, avec Marie.

Amen.

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