Je ne suis pas surpris d’être surpris par Dieu

Ce soir, sur la route d’Emmaüs, il y a deux disciples et ils sont au fond du seau. Ils étaient venus à Jérusalem en suivant Jésus, ils étaient venus pour fêter la grande fête de la Pâque juive, mais cette fête a eu un goût amer : Jésus a été arrêté, Jésus a été condamné, Jésus a été crucifié, Jésus est mort. Alors ils repartent de Jérusalem tout désillusionnés. Ils n’attendent plus rien, ils ne croient plus en rien. Même quand des anges apparaissent pour transmettre un message de la part de Dieu, ça n’a pas l’air de les émouvoir – bon, c’est vrai, ils n’ont pas entendu directement l’annonce des anges, ils n’ont entendu que ces femmes qui disent avoir entendu les anges – mais quand même, ce n’est pas rien !

Ils sont donc au fond du seau et c’est là que Jésus ressuscité vient à eux. C’est là qu’ils le rencontrent, quand ils ne s’y attendent pas, quand ils ne l’attendent pas, et c’est pour cela qu’au début ils ne le reconnaissent pas.

Pourtant, ils auraient dû être sur leurs gardes : Jésus avait bien annoncé qu’il reviendrait comme un voleur, il les avait prévenus qu’il était le Dieu qui vient nous surprendre. D’ailleurs, toi aussi si tu connais un petit peu Dieu, tu sais qu’il est toujours surprenant. Dans ta vie chrétienne, tu vas toujours d’une découverte à une autre, d’une surprise à une autre. Tu passes ton temps à être surpris et tu le seras toujours si tu ne t’arrêtes pas sur le chemin de la connaissance de Dieu. D’ailleurs, à un moment, tu te rends compte que tu n’es plus surpris d’être surpris, tu t’attends à être surpris, tu te demandes à chaque fois quelle nouvelle surprise le Seigneur te réserve ; tu te demandes ce que tu vas découvrir à la prochaine rencontre avec Jésus.

Et puis, en y réfléchissant bien, après coup, tu te rends compte que ce que tu as découvert n’est pas si surprenant que cela. Comme les disciples d’Emmaüs, d’ailleurs. Ils auraient pu s’attendre à ce que Jésus les rejoigne puisqu’ils sont en train de parler de lui et qu’il a promis qu’il serait là quand deux ou trois seront réunis en son nom. Voilà pourquoi, toi aussi, avec tes amis tu parles de Jésus. Voilà pourquoi avec tes amis chrétiens tu partages ce que tu vis de ta foi, que tu le fasses dans l’un ou l’autre groupe ou bien juste en discutant quand tu les retrouves.

Si Jésus vient à leur rencontre, c’est pour leur faire découvrir quelque chose. Il vient leur apprendre ce que le mystère de Pâques nous révèle, quelque chose de bien surprenant : Nos souffrances sont grosses de gloire. Nos souffrances engendrent la gloire. Nos souffrances sont comme enceintes d’une gloire future. « Ne fallait-il pas que le Christ endurât ces souffrances pour entrer dans sa gloire ? »

Voilà quelque chose d’étonnant : normalement, le semblable engendre le semblable : la maman chat donne naissance à des chatons et pas à des canaris. Si je plante un gland, c’est un chêne qui pousse et pas un pommier.

Alors, comment la souffrance peut-elle engendrer autre chose que de la souffrance ? Et bien c’est possible – comme la résurrection du Christ – en vertu de la Toute-puissance de Dieu. C’est possible si Dieu Tout-puissant agit. Lui, et lui seul, peut faire jaillir la gloire de tes souffrances.

D’où le cri de notre Alléluia de Pâques. Cet Alléluia qui n’est pas seulement un cri de joie, mais aussi un cri de surprise, le cri causé par l’émotion vive de découvrir les merveilles de Dieu. Alléluia ! Seigneur tu agis avec puissance pour transformer nos vies ! Alléluia ! Seigneur tu viens nous donner plus que ce que nous attendons !

C’est ce cri de joie que tu ne peux pas garder pour toi et qui te pousse, comme les pèlerins d’Emmaüs, le cœur tout brûlant, à retrouver tes frères chaque dimanche pour leur dire, et les entendre dire : « C’est vrai ! le Seigneur est ressuscité ! Il agit dans ma vie ! Amen, amen, Alléluia ! »

L'auteur de cette homélie

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