L’Épiphanie, une fête de la lumière

Frères et sœurs,

A Noël, nous sommes venus avec les bergers à la crèche de Bethléem pour adorer l’enfant Jésus, le Sauveur du monde annoncé par les anges, celui que l’on appelle l’Emmanuel : Dieu avec nous.
Aujourd’hui, 12 jours et 12 nuits après Noël, l’Épiphanie est le sommet du temps que nous vivons.
Le mot « Épiphanie » signifie « manifestation » ou encore « apparition » et c’est bien ce que nous fêtons : la manifestation glorieuse de Dieu parmi les hommes, la venue du « Roi de gloire ».
Après la visite des bergers, l’étable de Bethléem accueille les mages qui sont le signe que le Fils de Dieu est venu pour sauver le monde entier.
Voici Gaspard, Melchior et Balthazar.
Melchior venait de Nubie, il a la peau blanche et c’est le plus âgé des trois. C’est lui qui apporte l’Or.
Balthazar apporte la Myrrhe. Il est représenté par celui qui est d’âge mûr et à la peau cuivrée.
Gaspard est le plus jeune. Il a la peau foncée et apporte l’encens.
Leur couleur de peau représente les trois continents connus à l’époque : l’Asie, l’Afrique et l’Europe.
Les trois hommes, par leur physique, sont aussi symboles des trois âges de la vie : Jeune homme, âge mûr, personne âgée.
Enfin, par les cadeaux qu’ils apportent, ils symbolisent ce qu’est le Messie qu’ils viennent adorer : l’or, pour le Roi du monde qui vient de naître ; l’encens, car il est le Grand Prêtre qui intercède efficacement pour nous auprès de Dieu ; et de la myrrhe, qui est utilisée pour l’embaumement des morts car il mourra comme tout homme, sera enseveli comme chacun d’entre nous. Mais, lui seul vivra l’Épiphanie de toutes les Épiphanies en ressuscitant des morts pour sauver l’humanité. C’est bien pour cela qu’il s’est fait homme.

L’Église célèbre aujourd’hui trois grands mystères de la vie du Christ. L’antienne des Vêpres de ce jour les reprends : « Aujourd’hui, l’étoile a conduit les mages vers la crèche ; aujourd’hui l’eau fut changée en vin aux noces de Cana ; aujourd’hui le Christ a été baptisé par Jean dans le Jourdain pour nous sauver, alléluia. »[fn]Antienne du Magnificat des IIèmes Vêpres de l’Épiphanie[/fn]. Pour autant, nous fêtons particulièrement l’Épiphanie, et l’Église, pour que nous puissions vraiment vivre chaque mystère fondateur de ce qu’est le Christ pour nous, les a étalés dans le temps : dimanche prochain pour le Baptême et le dimanche suivant pour les noces de Cana.

L’Épiphanie manifeste le Christ qui est venu pour les païens, pour ceux qui ne croient pas encore ; le Baptême manifeste la divinité du Christ homme et Dieu et par là : Fils du Père et les noces de Cana manifestent la puissance de Dieu.

Mais l’Épiphanie est avant tout une fête de la lumière.
Le premier signe est que, dans le Temps de Noël, nous vivons une progression naturelle de la lumière qui débute avec le solstice d’hiver le 22 décembre. Cette nuit est la plus longue de l’année. Cette nuit annonce le rallongement des jours, la victoire de la lumière sur les ténèbres : la naissance de l’Astre de Lumière : le Christ qui est « la Parole qui éclaire le monde » et qui vient parmi nous le jour de Noël.
12 jours séparent Noël de l’Épiphanie, manifestation du Christ au monde, manifestation de la lumière pour tous les hommes de la terre. C’est à ce moment, le 6 janvier que les jours s’allongent de façon sensible. C’est ce que symbolise la galette des rois que nous allons tous partager cette après-midi. Ce disque jaune brillant qui veut nous rappeler le soleil, la lumière qui prend le dessus sur les ténèbres.
Le deuxième signe de cette lumière est l’étoile. Cette étoile qui vient se loger au-dessus du lieu de la naissance du « Rois des juifs » et qui fait dire aux mages : « Nous avons vu se lever son étoile et nous sommes venus nous prosterner devant lui. » Cette étoile qui guide les mages depuis l’Orient jusqu’à la crèche de Bethléem.
Le troisième signe de l’Épiphanie est de nous rappeler que le Christ est la lumière du monde, le soleil de justice, la manifestation de Dieu parmi nous ! C’est ce que nous redit la première lecture du livre d’Isaïe : « Debout, Jérusalem ! Resplendis : elle est venue, ta lumière ; et la gloire du Seigneur s’est levée sur toi. » Et plus loin : « Les nations marcheront vers ta lumière, et les rois, vers la clarté de ton aurore. »

Le mystère que nous célébrons en cette solennité de l’Épiphanie est donc bien la manifestation du Messie, du Sauveur, aux païens du monde entier représenté par les mages. Ce mystère nous fait comprendre que nous sommes tous « associés au même héritage, au même corps, au partage de la même promesse, dans le Christ Jésus, par l’annonce de l’Évangile » comme nous le redit la deuxième lecture.

Frères et sœurs, nous sommes membres de cette nation qui marche vers la lumière, nous sommes de ceux qui cherchent Dieu chaque jour davantage pour trouver sa clarté. C’est ce que nous dit le Pape Benoît XVI dans son dernier livre « L’Enfance de Jésus » : « Reste l’idée décisive : les savants de l’Orient sont un commencement, ils représentent la mise en route de l’humanité vers le Christ, ils inaugurent une procession qui parcourt l’histoire toute entière. Ils ne représentent pas seulement les personnes qui ont trouvé le chemin jusqu’au Christ. Ils représentent l’attente intérieure de l’esprit humain, le mouvement des religions et de la raison humaine à la rencontre du Christ. »

Plus que jamais, en cette année où nous réfléchissons plus particulièrement sur ce qui fait notre foi, nous sommes appelés, à la suite des mages venus d’Orient, à venir adorer notre Sauveur, à revenir au Christ et à son Évangile.
Redécouvrir le message de paix et d’amour entre les hommes que nous donne l’Enfant de la crèche pour, comme les mages, en repartir différent, eux qui : « avertis en songe de ne pas retourner chez Hérode, regagnèrent leur pays par un autre chemin. »
Il s’agit de vivre de l’Evangile pour en être les témoins jusqu’aux extrémités de la terre…qui sont bien plus larges aujourd’hui qu’au temps des mages.
En ce jour de l’Epiphanie, où Dieu se manifeste au monde par l’enfant Jésus de la crèche, ouvrons notre cœur à son amour et au mystère de ce Dieu qui s’est fait homme pour le monde entier.
Belle fête de l’Epiphanie.

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