La Foi, c’est Tout !

Homélie prêchée lors du Pèlerinage du Rosaire, le samedi 3 octobre 2012, à la messe des Commissaires et des Hôtesses.


Une fois traversée une épreuve dans la foi, celui dont les yeux sont désormais ouverts, qu’il soit ce jeune homme, ancien Aveugle-Né ou vous ou moi, va devoir opter définitivement. La croissance spirituelle chrétienne a ce prix. Selon le tempérament que l’on a, ou les circonstances et les heures de la Grâce, cela peut paraître difficile à accomplir.

Tout le monde n’a pas vu Jésus en direct, après avoir vécu sans rien voir des années durant. Voyez ce choc ! Le lien avec Jésus n’est pas toujours aussi évident qu’un certain jour de guérison à Jérusalem. Et il n’est pas aussi manifeste non plus que pour certains, miraculés de Lourdes.

En tout cas, il n’y a jamais l’économie d’étapes à vivre ; c’est une initiation qui a fait de l’Aveugle-né un des compagnons des catéchumènes, et de Siloé l’annonce d’une fontaine baptismale.

Il y a donc des étapes… Alors le Seigneur veille à cet éveil. Il va nous inciter à opter. Il va susciter l’adhésion, la reconnaissance, la confession de foi, et… ses suites.

N’avez-vous pas noté qu’il prend les choses en mains ? Il a vu, choisi, appelé, envoyé, guéri, et de nouveau s’est fait reconnaître et a délivré son message. Envoyé du Père vers nous, il envoie vers le Père chacun. S’il ouvre les yeux, c’est pour cette réalité ultime.

Pour elle, il est le seul Sauveur, le Bon Berger. Après cet épisode, dans l’Évangile selon saint Jean, viendra providentiellement cet enseignement : « Je suis le Bon Berger » (Jean 10)

Si les dons du Seigneur sont sans repentance, ils ont aussi une teneur bien particulière, celle de son jugement, de son appréciation divine. Celle de sa guidance. C’est cela qu’il nous appelle à voir.

La guérison d’une personne malade ou handicapée nous surprendra toujours. Elle est toujours bienvenue. Mais elle est un signe du Royaume de Dieu et de la présence du Messie espéré. Elle ne doit pas arrêter nos regards à elle.

La délivrance du péché est en revanche la guérison pour tous : pour vous, pour moi ! Les différentes étapes que nous avons vues se succéder « grandeur nature », rappellent notre vie chrétienne.

A voir comment Jésus se comporte, nous comprenons que notre vie chrétienne a non seulement des étapes, mais que Jésus doit en être reconnu comme le Maître, notre Lumière !

D’où ce moment où il vient comme arracher sa confession de foi à celui qui a déjà expérimenté sa Miséricorde. L’adhésion est volontaire ; elle peut prendre des formes diverses, mais « Celui qui nous créa sans nous, ne nous sauvera pas sans nous ».

Et si l’on s’aperçoit du passage de Dieu, avec décalage, comme le reconnut jadis Jacob, confiant : « Le Seigneur était là, et je ne le savais pas. », il en va de même avec cet Aveugle guéri, interrogeant : « Et qui est-ce Seigneur, le fils de l’homme, pour que je croie en lui ? » avant de confesser : « Je crois, Seigneur ! ».

Nous prions : « Fais grandir ma foi ! » Cela ne peut être autrement. Jésus demande cette foi, il éduque à cette foi ; et il donne un critère radical pour cette foi, comme une balise. « Celui qui dit qu’il aime Dieu, qu’il aime aussi son frère », chaque jour, avec la grâce de Dieu, sous le regard de Notre-Dame !

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