La Foi est aussi une Épreuve !

Homélie prêchée lors du Pèlerinage du Rosaire, le vendredi 2 octobre 2012, à la messe des Commissaires et des Hôtesses.


Dois-je vous donner mon avis ? En nous plaçant devant Dieu, je vous dirai que j’ai toujours été blessé par ce passage de l’Évangile de l’Aveugle-né (Jean 9). Il m’a toujours fait un peu froid dans le dos ou… plutôt froid au cœur. En effet, alors même que leur enfant a enfin été guéri, délivré des ténèbres qui retenaient son regard, ses parents plutôt que de se réjouir avec lui et de remercier le Sauveur, deviennent aveugles, ou presque !

Leur quasi-aveuglement est à la fois mêlé de peur et de lâcheté. Il ne donne pas la primeur au bonheur de leur enfant ; et son bonheur n’est en tout cas pas immédiatement le leur ! Oui, je suis choqué par cela. Car cela fait mal. Ils sont injustes.

Heureusement que nous aspirons tous à ce que nos parents ou nos proches n’aient pas le comportement d’un Pilate qui se lave les mains de tout ; et puissions-nous ne jamais être ainsi envers ceux sur lesquelles nous avons une paternité ou une maternité, y compris spirituels ! Et pour tout engagement pris, et tout parrainage assumé, pensons-y !

Mais nous ne sommes pas rassemblés pour que je vous donne mon avis. Nous sommes convoqués par Jésus ; il a quelque chose à nous dire.

Cet épisode difficile le montre, comme les réactions que voit l’ancien aveugle ! Que d’épreuve ce moment peut susciter. Parfois, pour nous il en est ainsi, y compris dans le réseau familial et proche. La foi est aussi une épreuve ; même si celle-ci n’est pas toujours mortelle.

La foi est certes un don, une révélation, une connaissance. Elle est un principe sauveur, une réponse humaine et intelligente à la Miséricorde de Dieu, et grâce à elle.
Mais cela n’empêche pas que l’épreuve survienne aussi en raison de la foi. Incompréhension, rejet, exclusion, menaces, violence et croix, la foi peut aussi susciter ces épreuves, venues parfois de proches. Et l’Aveugle guéri en fait devant nous la douloureuse expérience.

Tout moment lumineux, tout engagement pour les autres a son côté « épreuve ». Et pourtant on va l’aimer. On a demandé à grandir dans la foi elle ; à nous donner pour elle.

Mais la foi éprouvée est une réalité. Ce « Guéri ». Il révèle aussi que ce combat est plus grand que nous. En évoquant la figure de Pilate et ses mains, je renvoyais à celle de Jésus-Christ en sa Passion. Car nous ne sommes jamais Sauvés par lui qu’en acceptant qu’il nous lave les yeux, qu’il nous délivre de tout mal.

Dire sa foi, même naissante, sera toujours risquer d’être rejeté par le Satan. La Croix du Seigneur est donnée à celui qui a accepté de partager sa Gloire.

Le « Prince de ce Monde » est à l’œuvre. A Lourdes, dans l’aventure de Bernadette, souvenons-nous combien il a déployé sa ténébreuse influence par l’opposition que rencontrait la franchise, l’ingénuité de la sainte, sous le regard de Notre-Dame.

Au quotidien, il a une influence : mais nous voyons que le Seigneur en délivre. Notre espérance s’allume à ces constats comme des cierges au brasier ! Ne fuyons pas le combat spirituel, car il s’agit de vivre notre foi vraiment !

Prions Dieu qui donne la preuve suprême de sa puissance quand il patiente et prends pitié ; oui, qu’il nous accorde sa grâce ! Et grâce à lui, en tout temps, sachons et aimons espérer ! C’est là une source, un moyen pour servir en tout temps !

Category:
Français