Le Rosaire : 550 ans, et en essor !

Une source de Vie

Si les dominicains apparurent dans ce champ du rosaire, c’est à cause de ce point que soulignait le frère Albert-M. Esnard (XXe s.) : « Dominique n’a pas connu le Psautier de Notre-Dame, mais ses fils ont vite compris la valeur évangélique qui découle immédiatement de la “lecture” et de la “méditation” de la Parole de Dieu. Ils ont voulu forger une catéchèse biblique pour les humbles et les analphabètes, pour les pauvres (que nous sommes), en vue de cette forme de prière qui confine et s’harmonise avec la liturgie.
Ils ont constitué des groupes de prière et bâti des “chambres hautes” qui sont à l’origine d’une authentique œuvre d’évangélisation. Dominique, avant de lancer ses frères par le monde, n’avait-il pas fondé à Prouilhe, en Languedoc, un monastère de priantes ? Depuis la Chambre haute de Jérusalem, la “prière de Marie” demeure l’archétype de la prière apostolique. Et la prière apostolique de Dominique est à la source de ce fleuve qui irrigue toute l’Église.
»


La croissance créatrice

Des siècles ont façonné cette prière. Au-delà de la contemplation, le 7 octobre 1571 verra la victoire des forces navales des pays européens coalisés contre la flotte turque. Le pape saint Pie V avait confié cette résistance de l’Occident chrétien face à l’Islam à la prière mariale des Confréries ; le rosaire y aura gagné en renom ! Les papes encourageront le rosaire ; le XIXe siècle verra Léon XIII surnommé «le pape du Rosaire» pour ses écrits.

Avec Jean-Paul II, la dimension créatrice du Rosaire rayonnera :

1/ Il faut offrir à la contemplation l’unique mystère du Christ, selon les voies qu’il a choisies pour se faire connaître. « Passant de l'enfance de Jésus et de la vie à Nazareth à sa vie publique, nous sommes amenés à contempler ces mystères que l'on peut appeler, à un titre spécial, “mystères de lumière”. En réalité, c'est tout le mystère du Christ qui est lumière. Il est la “lumière du monde” (Jean 8,12). Mais cette dimension est particulièrement visible durant les années de sa vie publique, lorsqu'il annonce l'Évangile du Royaume. »

2/ Plus on veut que l’Évangile irrigue la prière des chrétiens, plus des mystères de la vie la plus connue de Jésus doivent être proposés à la prière des chrétiens. « Si l'on veut indiquer à la communauté chrétienne cinq moments significatifs – mystères “lumineux” – de cette période de la vie du Christ, il me semble que l'on peut les mettre ainsi en évidence : 1. au moment de son Baptême au Jourdain, 2. dans son auto-révélation aux noces de Cana, 3. dans l'annonce du Royaume de Dieu avec l'invitation à la conversion, 4. dans sa Transfiguration et enfin 5. dans l'institution de l'Eucharistie, expression sacramentelle du mystère pascal. » (Jean–Paul II, Le Rosaire de la Vierge Marie, n°21)

3/ Plus on approfondit le message, plus on va innover en vérité. Ce qui était habituel, traditionnel, est aussi devenu nouveauté pour féconder l’apostolat.

La fidélité créatrice incite à développer le message du rosaire ! « Chacun de ces mystères est une révélation du Royaume désormais présent dans la personne de Jésus » (Jean-Paul II). La prière du rosaire conduit à ce que la place de la Vierge Marie ne soit pas seulement celle d'une statue que l’on arrange ou fleurit, mais celle d'une maman qu'on ose déranger, qu’on sollicite et en qui l’on a confiance, celle qui nous apprend à contempler Jésus et à faire « ce qu’il nous dira » (Jean 2).
Accueillons cette vie du Christ ! Apprenons par cette prière à nous transformer avec lui, à son image, guidés par le regard de sa Mère, Notre-Dame du Rosaire.


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