Le Rosaire, germination et idées

Les mystères d’avant le Rosaire

Avant la rose du rosaire, il y eut un germe, une germination. On ne peut reprendre ici toutes les étapes qui aboutirent à cette fleur. La méditation des mystères de la vie du Christ dont la méditation spirituelle destinée à tous est un trésor des premiers temps de l’Église, la liturgie et l’attitude de confiance du chrétien, et son cœur pénitent se rassemblèrent sous la bannière du rosaire.
Cet esprit a comme élément commun « les Joies de Notre-Dame », depuis l’Hymne acathiste, (v. VIIIe siècle), jusqu’aux auteurs comme Gauthier de Coincy († 1238) ou des milieux cisterciens, Étienne de Sallay (à York, 1225-1250) et son Livre d’heures ; il sera popularisé par les milieux franciscains, notamment en Toscane par saint Bernardin de Sienne (v. 1444) et par les servites qui naissent à Florence.
Une brève illustration de ces étapes se lit chez saint Bernard : « Dieu, invisible par nature, a voulu se rendre visible, il a voulu devenir objet de nos pensées. Comment cela ? diras-tu. Eh bien ! En gisant dans la crèche, en reposant sur le sein virginal, en prêchant sur la montagne, en passant la nuit à prier ; ou aussi : cloué sur la croix, livide dans la mort, libre parmi les morts et commandant à l’enfer ; ou encore : en ressuscitant le troisième jour, en montrant aux apôtres dans les marques des clous les signes de sa victoire ; et, pour finir, en montant en leur présence jusqu’au plus secret du ciel.
Quel est de tous ces mystères, celui auquel on puisse penser sans vérité, sans humble empressement, sans se sanctifier ? Quel que soit celui auquel je pense, c’est à Dieu que je pense… La méditation de ces mystères, pour ma part, je l’ai nommée sagesse ; et, pour moi, c’est faire preuve d’intelligence que de proclamer la mémoire de cette bonté
» (« Pour la Nativité de la Vierge Marie, De Aqueduc »).
Ces joies traduisent une spiritualité de l’Incarnation, liée au mystère de l’Annonciation, et la joie qui en naît avec la Nativité, la Pâque, l’Ascension et l’Assomption.
Par ailleurs, le XIIIe siècle a vu la pratique des « Sept Douleurs de Notre-Dame ». Les composantes des mystères du rosaire prenaient forme. Elles se développeront.

Un élément pour notre contemplation : la clausule

La clausule appartient à l’une des pratiques spirituelles qui s’accomplissent dans la prière du rosaire. Elle ajoute au « Nom de Jésus » – dévotion populaire chrétienne – une phrase qui relie ce mot à un moment évangélique.
Cet usage eut cours dans la famille cistercienne ; il se répandit aux XIIIe et XIVe siècles. Il accentuait la dévotion à l’humanité du Christ. Il se déploya avec les moniales de saint Thomas sur Kill et dans la zone du Rhin. Si la zone linguistique européenne latine n’en a pas gardé l’usage, le monde germain pour sa part le conserva avec fruit.
De nos jours, cette pratique a été recommandée par le pape Jean-Paul II dans son Exhortation apostolique Le Rosaire de la Vierge Marie lors de l’Année du Rosaire, 2002.


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