Chroniques d’actualités - Juin 2011

Dans ce billet consacré à la dimension internationale des Equipes du Rosaire, je voudrais m’arrêter quelques instants avec vous autour de deux expériences vécues récemment dans deux réalités fort différentes. Elles nous font réfléchir à la fois sur notre façon de prier au milieu d’un monde où l’étranger est à notre porte, sur l’accueil de l’autre et sur la manière dont nous présentons Jésus et Marie sa Mère, pour témoigner de l’Evangile dans toute son éclatante lumière.

Le premier exemple vient de Côte d’Ivoire, pays actuellement marqué par une crise politique profonde dont on ne voit pas, au moment où j’écris ces lignes, le moindre élément de sortie. Il y a de cela quelques mois j’ai été accueilli par une responsable d’Equipe mariée à un musulman. Cette réalité interreligieuse n’est pas simple, comme vous pouvez le comprendre. Tous les enfants pourtant vont au catéchisme. Et lorsque la réunion mensuelle a lieu chez eux, le mari vient se joindre discrètement à la prière. Pour lui Marie n’est pas une étrangère à sa foi puisque le Coran consacre quelques versets à Maryam, la mère de Jésus. Sans doute ne comprend-il pas ce que notre tradition chrétienne dit de Marie, Mère de Dieu. Sans doute ne comprend-il pas non plus le rôle d’intercession qui est celui de Marie, Mère de l’Eglise. Sans doute ne comprend-il pas l’affirmation centrale de notre foi qui confesse Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit. Pourtant, dans sa foi au Dieu unique, il peut rejoindre dans la prière la grandeur et la toute-puissance de Dieu. Dans le contexte religieux difficile que nous vivons entre chrétiens et musulmans il est bon d’accueillir et de respecter cet homme de “bonne volonté”. C’est ce qu’avait voulu signifier Jean-Paul II lors des rassemblements des responsables religieux de toute la planète à Assise, invitation que s’apprête à renouveler le pape Benoît XVI.

Le second exemple nous vient des chrétiens d’Irak, douloureusement marqués par la folie islamiste. Ces chrétiens sont divisés depuis des siècles. Les communautés dites “nestoriennes” ne confessent pas que Jésus est vrai Dieu. Ainsi, pour eux, Marie est mère du Christ. Les communautés chaldéennes ou syriaques confessent Jésus comme vrai Dieu et vrai homme. Pour eux, Marie est donc Mère de Dieu, comme l’a proclamé le Concile d’Ephèse. Obligés de partir en exil à travers le monde, ces communautés laissent un peu derrières elles leurs querelles théologiques. En Hollande et aux USA, j’ai été témoin de ces chrétiens irakiens qui, dans les Equipes du Rosaire, prient ensemble, peut-être pour la première fois. Grâce de la fraternité vécue au sein des Equipes, où chacun peut échanger et dialoguer en toute confiance !

A travers ces deux exemples, il est beau de voir comment, dans des contextes variés et souvent difficiles, Marie peut favoriser les rencontres entre les hommes lorsque nous lui donnons la juste et belle place qui est la sienne. Comme nous, elle est créée et sauvée par la croix du Christ, et sa fidélité à la grâce reçue fait d’elle la plus belle de toutes les créatures voulues par Dieu. La simplicité de son “oui” désarme tous les puissants de la terre et lui donne une place toute particulière dans le mystère du Salut. Attirée dans la gloire du Christ elle renforce notre espérance d’être nous aussi comme elle dans le Royaume. Elle est la Mère du Sauveur et, à ce titre, intercède pour nous auprès du Dieu unique, lui qui est Père, Fils et Saint-Esprit. Alors, peu à peu, dans les mots de notre prière comme dans la qualité de notre accueil, nous saurons respecter les croyants que nous rencontrons pour qu’ils connaissent et respectent le centre de notre foi chrétienne : Jésus, fils de Marie, le Verbe fait chair, unique Sauveur du monde.

Fr. Gilles DANROC, o.p.
Aumônier international des Équipes du Rosaire

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