Venir en malade au Pèlerinage du Rosaire ? - Quelques réflexions

Un article paru dans la Revue du Rosaire de juin 2012.


Comment inviter les malades à rejoindre le Pèlerinage et comment le leur présenter ? Cette petite réflexion pourrait aider chacun à faire un pas vers une de ses connaissances, pour l’inviter à en faire mille avec nous.


Écouter la Parole de Dieu

L'existence de la souffrance est une des grandes questions posées à la conscience des hommes. Elle est parfois perçue comme un scandale. Elle revêt des formes diverses, dont celle de la maladie. Cette question rejoint souvent celle de l'existence de Dieu, celle de sa présence agissante dans le monde et de sa bonté. Les questions de la maladie ou du handicap renvoient à de nombreuses autres questions sur Dieu.

Venir à Lourdes, dans le cadre du pèlerinage du Rosaire où la prédication est particulièrement mise en valeur, peut être un bon moyen de s'affronter à ces questions. Comment Dieu, dans sa Parole, peut-il apporter à nos questions une lumière, un nouvel éclairage ?

Par la foi, nous nous savons toujours aimés par le Père et placés en union avec le Christ son Fils bien-aimé. Jésus a lui-même agi pour les souffrants, les malades. Il a lui-même été souffrant lors de sa Passion. L'union avec Dieu, dans le Christ, peut renouveler de l'intérieur notre positionnement à l'égard de la souffrance et en faire un canal de grâce pour notre entourage.


Offrir un témoignage de dignité et de liberté

Oser venir à Lourdes en pèlerinage, lorsqu'on est malade c'est poser un acte important.

Alors que la société pousse la personne malade à demeurer chez elle ou dans son institution médicale, son déplacement pour un tel voyage est pour elle une manifestation de dignité et de liberté. Dignité humaine tout d'abord, puisque la personne malade exprime au-delà de ses besoins naturels de soins la revendication d'un besoin supérieur : celui de se nourrir spirituellement. L'homme est plus grand que lui-même : il a vocation à vivre au Royaume des cieux. Ce besoin supérieur engendre l'exercice de la liberté : liberté d'aller adorer son Dieu au désert pour pouvoir accéder ensuite à la Terre promise.

Ainsi, partir en pèlerinage, pour un pèlerin malade, c'est rehausser à ses propres yeux sa propre dignité, c'est exercer sa légitime liberté d’homme et de fils de Dieu, et manifester publiquement ce besoin, au-delà de lui-même, pour tous ses frères malades.


Entrer dans une démarche de prière

À certaines heures la souffrance est un poids très lourd, parfois trop lourd, à porter seul. Dans les évangiles nous croisons beaucoup de figures de malades, qui portent leur état depuis de très nombreuses années. Bartimée est l'un d'entre eux. Il crie à Jésus, qui passe à côté de lui sans le voir : « Seigneur, Fils de David, aie pitié de moi ! » Alors qu'on lui intime de se taire, il hurle davantage encore sa souffrance. Dans notre tradition catholique, ce cri de Bartimée est souvent celui du Je vous salue, Marie récité à longueur de chapelets, durant des heures, en attendant l'apaisement, la lumière du jour, la venue de quelqu'un.

Participer à un pèlerinage du Rosaire, ce n'est pas nécessairement réciter des dizaines de chapelets, mais c'est surtout entrer dans ce mouvement très profond de la prière qui permet de passer de la nuit de la souffrance au jour de la joie, de la solitude à la communion ou de l’angoisse à la paix. Parfois, aussi, le Seigneur donne la grâce de passer de la maladie à la guérison physique.


Vivre un temps en communauté

Le pèlerinage du Rosaire, notamment lorsque tous nous sommes réunis sur l'Esplanade pour la messe quotidienne, est une manifestation, une épiphanie du Royaume de Dieu. Le Pèlerinage n'est pas affaire individuelle mais communautaire. C'est ainsi que le pèlerin bien portant ou malade, comme l'hospitalier ou le frère dominicain, doit entrer dans cette dimension communautaire : durant quatre jours, nous sommes ensemble. Cela signifie qu'il faut parfois accepter de partager une certaine intimité et s'ouvrir à l'humanité souffrante des uns et des autres. De même, nous partageons les rythmes de la vie de famille : les heures du lever et du coucher, des repas et des activités communes. Mais pour qui entre dans cette dynamique en ressort porté par elle : son effet se ressent encore de nombreux jours et semaines au retour du pèlerinage. Grâce à Dieu !


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