Prier les Mystères Douloureux avec fr. Jean-Christophe de Nadaï, o.p.

Agonie

Maintenant mon âme est troublée (Jn 12, 27).

L’horreur de la mort n’était pas capable de produire un tel trouble dans l’âme du Prince de la paix (Is 9, 5). Car sa mort n’était que la peine du péché du monde. Mais Jésus, en cette heure, considéra ce péché même. Seul celui qui était sans péché pouvait concevoir l’horreur du péché, et ressentir en soi pareil combat, qui se déclara, au Jardin des oliviers, par cette sueur de sang dont parle saint Luc (Lc 22, 48).

Nous ne sentirons jamais à plein cette horreur du péché. Pour nous, son amertume est adoucie par l’assurance du pardon de Dieu. Demandons la grâce de confesser et notre péché, et sa Miséricorde toute-puissante.

Flagellation

Dans ses blessures nous trouvons la guérison (Is 52, 5).

Voilà Jésus qui souffre dans son corps. Le saint homme Job lui-même avait murmuré contre Dieu quand le démon l’avait affligé d’un ulcère malin : Il ouvrit la bouche et maudit le jour de sa naissance (Jb 3, 1). Mais Jésus maltraité, n’ouvrait pas la bouche (Is 52, 7).

Prions pour nos frères persécutés pour le nom de Jésus. Prions pour les malades, les opérés. Qu’ils goûtent la force de son Esprit pour supporter leur douleur.

Couronnement d’épines

Voici votre roi ! […] – Nous n’avons d’autre roi que César (Jn 18, 14.15).

L’ange l’avait dit à Marie : Le Seigneur lui donnera le trône de David son père (Lc 1, 26). Jésus s’est ainsi laissé moquer comme le roi qu’il était de droit divin, pour confondre en nous la soif de commander, et les injustes prétentions des puissances de la terre.

Prions pour que les gouvernements se soumettent à la royauté du Dieu qui protège l’étranger, la veuve et l’orphelin.

Portement de croix

Ils prirent un certain Simon de Cyrène, qui revenait des champs, et le chargèrent de la croix pour la porter derrière Jésus (Lc 23, 26).

Le Seigneur, qui disposait tout pour notre instruction, à l’heure même où il laissait ses bourreaux disposer de son sort, a ainsi permis qu’ils lui donnent un compagnon pour porter sa croix. Il nous avertit contre la honte que nous avons parfois à nous faire aider. Les croix de chacun ne sont-elles pas celles de toute l’humanité que Jésus-Christ veut unir en son Corps ?

Prions pour ceux que leur travail accable, et pour ceux qui se dévouent aux malheureux.

Mort de Jésus sur la croix

En lui nous avons le rachat, le pardon des péchés (Col 1, 14).

Le Christ meurt de la main des hommes, par amour pour les hommes que Dieu aime. Rien, ni les trahisons, ni tant d’ingratitude, n’a pu l’empêcher de servir Dieu ni de lui rendre hommage, l’hommage de sa vie : Père, entre tes mains, je remets mon Esprit (Lc 23, 46). Sur la croix se déclare ainsi un poids d’amour tel, qu’il l’emporte infiniment dans la balance sur tous les péchés des hommes, passés, présents et à venir.

La croix du Seigneur soit donc notre unique gloire (cf. Ga 6, 14), et le plus puissant motif de notre espérance. Que l’Église suscite en son sein des prêtres pour le service du sacrifice capable de sauver le monde entier.

Dans un même esprit :
Les Mystères Joyeux, Les Mystères Lumineux et Les Mystères Glorieux

Vous avez aimé cette méditation ?
Vous pouvez vous abonner à la Revue du Rosaire !

Category:
Français