Prier les Mystères Douloureux avec fr. Pierre Hugo, o.p.

L'agonie de Jésus

« Jésus se rendit comme de coutume au mont des Oliviers et les disciples le suivirent… Puis il s'éloigna d'eux et fléchissant les genoux, il priait : Père, si tu veux, éloigne de moi cette coupe, cependant que ce ne soit pas ma volonté, mais que se fasse la tienne… Se relevant de sa prière il vint à ses disciples endormis de tristesse. Il leur dit : Pourquoi dormez-vous? Levez-vous et priez » (Lc 22, 39-45).

Quand la souffrance nous absorbe, on n'a guère la force de prier. Mystérieusement, en agonie, Jésus prie de façon plus intense. Sa prière est toute humaine, un cri, une clameur avec larmes : « Éloigne de moi cette coupe ». Pourtant sa clameur est enveloppée par des mots d’offrande et d'abandon: « Père si tu veux, que ta volonté soit faite ».
Malgré sa solitude, il a souci de ses disciples : « Priez pour ne pas entrer en tentation. » À l'image de Jésus, il nous est demandé de nous oublier pour réconforter les autres. L’épître aux Hébreux (5, 7) nous dit que Jésus fut exaucé. Il trouve la force de mourir sur la croix pour entrer dans la vie de Dieu. Dans l'épreuve Dieu exauce toujours, en nous donnant la force de vivre selon sa volonté.

Vierge Marie, aux heures de tristesse et de nuit, apprends-nous à dire à Dieu « comme tu sais, comme tu veux ».

La flagellation

« Alors Pilate délivra Barabbas et, ayant fait flageller Jésus, il le leur livra pour être crucifié » (Mt 27, 26).

Comme Jésus, tous ceux qui veulent vivre leur foi, sans compromis, sont un jour persécutés, torturés. Au cœur de nos épreuves le Christ n'est jamais loin. Éprouvé en tout, il peut compatir à nos faiblesses, à nos blessures. En silence, il a connu nos douleurs, nos solitudes, la cruauté des puissants, la légèreté des foules, la trahison et l'abandon de ses amis. À tous ces opprobres, Jésus répond : « Père, pardonne-leur », « aujourd'hui, tu seras avec moi dans le paradis ».

Vierge Marie, que ces heures où nos corps sont abimés, voire maltraités, deviennent des heures d'identification et de compassion !

Le couronnement d'épines

« Ayant tressé une couronne d'épines, ils la mirent sur sa tête » (Mt 27, 29).

Au cœur de sa Passion, Jésus est tourné en dérision comme tant d'hommes et de femmes pauvres, démunis, que cherchent à humilier les puissants de ce monde. Présentant Jésus à la foule qui réclame sa mort, Pilate ose dire : « Voici votre roi! » Roi, Jésus l'est vraiment non par la puissance et la domination mais par le témoignage rendu à la vérité et à l'amour. Roi, Jésus l'est aussi, parce que loin de subir passivement sa passion et sa croix, il l'assume librement, mieux, il donne sa vie par amour. N'y a t-il pas un appel, pour nous, à faire de tous nos dépouillements une occasion non seulement de subir, de supporter mais encore d'oser donner ce qu'on nous enlève ?

Vierge Marie, apprends-nous que seuls les humbles, les doux, les êtres désappropriés d'eux mêmes sont rois et conquièrent la terre des cœurs.

Le portement de croix

« Jésus portant sa croix arriva hors de la ville, au lieu nommé Calvaire » (Jn 19, 17).

Jésus, comme nous, porte sa croix malgré des chutes inévitables. Il nous porte quand nos fardeaux sont trop lourds : « Venez à moi vous tous qui peinez… » Sur la voie douloureuse, un inconnu réquisitionné, Simon de Cyrène, soulage et réconforte Jésus. Sur nos chemins de croix, sachons reconnaître les rencontres, les gestes de tendresse et de réconfort que Dieu met sur notre route.

Vierge Marie, malgré le poids de nos vies ou de nos handicaps, apprends-nous à marcher et à oser réconforter ceux qui n'en peuvent plus.

La crucifixion et la mort sur la croix

« Jésus criant d'une voix forte, rendit l'esprit » (Mt 27, 50).

Jésus meurt sur une croix comme un malfaiteur, rejeté, abandonné de tous. Mais ce n'est pas un échec. C'est l'heure du plus grand amour et des plus grandes fécondités. « Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie », « Si le grain tombé en terre meurt, il porte beaucoup de fruit ». De son cœur ouvert jaillissent l'eau et le sang, naît l’Église et les sacrements. Élevé de terre, Il attire tout à lui. Marie est là, debout, s'offrant avec son fils et devenant notre mère à tous : « Voici ton fils, voici ta mère. »

Vierge Marie, apprends-nous que les vraies fécondités sont cachées, que seul l'amour, jusqu'au bout, crucifié, donne vie au monde.

Dans un même esprit :
Les Mystères Joyeux, Les Mystères Lumineux et Les Mystères Glorieux

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