Les Mystères Douloureux avec le fr. Jean-Christophe de Nadaï, o.p.

Agonie

« Mon Père, s’il est possible, que cette coupe passe loin de moi ! » (Matthieu 26, 39).

L’heure de Jésus a sonné, qu’il avait tellement attendue, l’heure de la Passion où par lui le nom de Dieu devait être glorifié (cf. Jean 12, 28) et le monde sauvé. Et voilà qu’il dit : Père, sauve-moi de cette heure (Jean 12, 27). Cette peur de mourir, chez celui qui est sans péché, nous enseigne que le dégoût de vivre ne vient pas de Dieu, mais que la vie donnée par Dieu vaut qu’on l’aime jusqu’au bout.

Seigneur, viens relever ceux qui sont las de cette vie.

Flagellation

« Les hommes qui le gardaient le bafouaient et le maltraitaient ; ils lui voilaient le visage et l’interrogeaient : Fais le prophète ! Quel est celui qui t’a frappé ? » (Luc 22, 63-64).

Le Seigneur s’est laissé voiler les yeux, pour ne point voir qui l’outrageait. Peut-être entendait-il nous enseigner à voir le monde selon le regard de la foi, qui hait le péché, non les humains pécheurs, pour qui Jésus-Christ versa son sang.

Seigneur, donne-nous la force d’aimer ceux qui nous font du mal.

Couronnement d’épines

« Si tu es le roi des Juifs, sauve-toi toi-même » (Luc 23, 37).

Jésus-Christ, le Fils de Dieu Sauveur, n’a pas voulu se sauver par sa puissance propre de Fils de Dieu. Il s’est anéanti lui-même (Philippiens 2, 7), pour être sauvé par l’Esprit de Dieu, l’Esprit qui a ressuscité Jésus d’entre les morts (Romains 8, 11), l’Esprit que Jésus a mérité pour nous, et qui nous sauvera comme il l’a sauvé. Car le roi des Juifs est l’Oint du Seigneur : toute sa puissance, il ne la tient pas de lui-même, elle lui vient toute du Seigneur.

Seigneur, délivre-nous de la soif de dominer autrement que par ton amour.

Portement de croix

« Et les soldats requièrent, pour porter sa croix, un certain Simon de Cyrène, le père d’Alexandre et de Rufus, qui revenait des champs » (Marc 15, 21).

C’est le hasard, semble-t-il, qui mit Simon en présence de Jésus souffrant. Ce hasard devint providence : Simon ne demeura pas extérieur à ce mystère. Le salut et la foi saisirent avec sa famille celui qui porta la croix de Jésus, puisque saint Paul appelle Rufus cet élu dans le Seigneur (Romains 16, 23).

Seigneur Jésus, donne-nous de voir que notre croix est la tienne, que notre joug est le tien, et que, par là seulement, il est léger.

Crucifiement

« Mon Père, pardonne-leur : ils ne savent pas ce qu’ils font » (Luc 23, 34).

Dans l’esprit de Jésus, l’ignorance des hommes qui le crucifient n’est pas une excuse, mais l’occasion d’appeler sur eux la puissance du pardon de Dieu, qui les éclairera et les convertira. C’est ce que l’on voit au livre des Actes (2, 36-38) : « Dieu, dit Pierre, a fait Seigneur ce Jésus que vous, vous aviez crucifié. » D’entendre cela, ils eurent le cœur transpercé : « Que devons-nous faire ? » « Repentez-vous, faites-vous baptiser au nom de Jésus, et vous recevrez alors le don du Saint-Esprit. »

Seigneur, donne-nous de ne voir notre péché qu’à la lumière de ta miséricorde.

Dans un même esprit :
Les Mystères Joyeux, Les Mystères Lumineux et Les Mystères Glorieux

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