Rencontre diocésaine des Équipes du Rosaire à Pamiers le 29 octobre 2009

Chers amis, pour cette rencontre -notre 1ère rencontre !- je me suis proposé de reprendre votre thème d’année : « Seigneur comment te rendre grâce ? »

Et comme je ne savais pas vraiment comment le prendre, j’ai suivi la démarche que je conseille souvent : « faire comme Marie. » En effet, face à la question : « Comment faire ceci ou cela, comment réagir face à une situation ? », je réponds souvent : « Faites comme Marie. » Parce Marie a toujours le mot, le geste, le silence qui convient. Quand on est face à une situation terrible de souffrance, de mort, qui nous met mal à l’aise bien souvent, la tentation est de remplir les « vides », le silence. Et on remplit ce silence, ce vide, par n’importe quoi… et on fait des gaffes. Marie a toujours la parole ou le silence juste. (…)

Alors, pour répondre à cette question « Comment te rendre grâce ? », j’ai entrepris cette petite réflexion en reprenant un texte que vous connaissez bien qui est celui de la Visitation.

Nous allons tout d’abord replacer ce passage dans son contexte. Marie vient d’apprendre deux bonnes nouvelles : sa maternité… et celle de sa parente Élisabeth. Finalement, c’est le banal, le quotidien de la vie : l’attente d’un enfant… et une visite familiale. Or ce n’est pas une visite comme les autres. C’est une Visitation… LA Visitation. Une visite où Dieu vient s’en mêler.
Marie aurait pu rester chez elle, rendre grâce dans un cœur à cœur avec Dieu. Eh bien non, elle part à la rencontre de l’autre, parce que l’on n’est pas heureux tout seul. La joie avec Dieu, l’action de grâce avec Dieu a une dimension communautaire.
Vous savez parfaitement que le terme « eucharistie » signifie « action de grâce ». Eh bien, c’est pareil : on ne célèbre pas l’eucharistie seul. On ne rend pas pleinement grâce seul. Parce que la joie, c’est une question d’altérité. On n’est pas pleinement heureux seul.

Ensemble, nous allons voir ce qui fait l’action de grâce de la Vierge Marie. Et bien entendu, il est facile de faire des parallèles avec ce que nous vivons, ou ce que nous devrions vivre dans nos Équipes du Rosaire ou bien dans notre vie de tous les jours.

 

Marie va vers Élisabeth : une femme missionnaire
Elle pourrait même faire sienne la citation de Mgr Rhodain, le fondateur du Secours Catholique : « la charité n’a pas d’heure, la charité est exacte ». Marie non plus n’a pas d’heure, elle voit l’urgence de son action et se met en route. Marie se rend « en hâte » chez Élisabeth, non pas pour avoir une preuve de ce que lui a dit l’ange, pour voir si le signe de la femme stérile qui enfante lui est donné, mais pour partager une nouvelle avec l’autre, dans la joie. Et les deux femmes vont rendre grâce ensemble : « Comment ai-je ce bonheur ?... Mon âme exalte le Seigneur ! »
Il y a même la joie des enfants qui se manifeste, enfin plutôt celle de Jean qui bondit dans le ventre de sa mère.
Et on peut être missionnaire de multiples façons : par l’action certes, par la prière… souvent par les deux conjointement ! Prenons un exemple : notre Équipe du Rosaire peut être missionnaire par elle-même, puisque nous sommes à la recherche de membre. Elle peut également collaborer à des projets (je pense ici aux nombreux membres des Équipes du Rosaire qui se sont engagés à aider des jeunes qui partaient aux JMJ).
Un élément missionnaire qui semble indépendant de la volonté de ces deux femmes : la joie. Elles ne font pas barrage à la joie. Là aussi, nous pouvons rendre grâce à Dieu en étant tout simplement heureux de recevoir ses bienfaits.

Marie : une femme au service
Elle ne vient pas faire des grands discours à Élisabeth mais vient se mettre à son service. Avant que Marie ne laisse éclater le chant de son Magnificat, c’est Élisabeth qui parle. Marie n’a fait que la saluer.
Une femme qui trouve sa joie en étant la Servante du Seigneur. Elle vient servir Élisabeth parce qu’elle a tout d’abord accepté de servir Dieu, de dire qu’elle est son « esclave ». La joie du service, de rendre service… et l’action de grâce qui en découle tout naturellement.
De même pour nous, nous avons à trouver notre joie dans le service. Dans le service de Dieu (« Dieu premier servi ! », comme le dit la grande sainte qu’est la petite Jeanne !) et dans le service des autres.

Marie : une femme qui rend grâces à… Dieu
Et comment ? En reprenant des termes qui viennent du fond des âges biblique : le cantique d’Anne au début du livre de Samuel. Une incitation à faire nôtres les paroles de la Bible. En Marie, le Verbe de Dieu va prendre chair. En elle la parole de Dieu a aussi fait sa demeure et il devrait en être pareil pour nous tous.
En faisant totalement confiance à Dieu : avez-vous remarqué qu’elle utilisé des présents ? Pourtant, pourrait-on objecter, « les puissants sont toujours sur leur trône et les humbles toujours écrasés ». Marie a une claire vision, même si elle n’en est pas forcément consciente de la puissance de Dieu. La grandeur de la foi de Marie qui sait –l’ange le lui a rappelé !- que rien n’est impossible à Dieu.
Elle rend grâces avec naturel et justesse. Elle remercie Dieu pour la merveille qu’elle est.
Marie qui a une juste connaissance de ce qu’elle est –si petite comparée à son créateur- qui nous invite à faire de même. On va m’objecter : je ne suis pas Marie ! Certes, mais si Marie m’est donnée, c’est pour que je lui ressemble ! Et on finit toujours par ressembler aux gens que l’on fréquente, c’est bien connu.
Un de nos frères convers nous dit souvent au couvent : « A force de fréquenter les chiens, on attrape des puces ». Eh bien, permettez-moi d’adapter cette expression finalement pleine de sagesse : « A force de fréquenter des saints, on attrapera bien un peu de sainteté ».

une femme qui rend grâce… pour quoi ?
Élisabeth le dit elle-même : « bienheureuse celle qui a cru ! » Pensons-nous à rendre grâces pour notre foi ?
La beauté de Marie réside dans sa foi. Marie est bienheureuse parce qu’elle a cru. Et là, nous pouvons lui ressembler.
Et puis Marie rend grâce parce qu’elle sait qu’il faut savoir dire merci ! On oublie si souvent de dire merci !

Alors, « comment rendre grâce ? » Tout simplement… en rendant grâce !
Je dis souvent que l’on aime jamais trop, mais que l’on aime souvent mal.
C’est pareil avec l’action de grâce. On ne dit jamais assez merci.

Et puis il faut regarder ceux qui nous entourent. J’ai nommé Marie parce qu’elle est exemple éminent. Mais il faut que cela habite notre journée, notre vie.

En pleine année sur le sacerdoce, il faut savoir rendre grâce pour les prêtres. Dimanche dernier, dans ma paroisse d’origine, une homélie : «Redécouvrez vos prêtres, aimez vos prêtres, priez pour vos prêtres »
A nous aussi de savoir rendre grâce pour le sacerdoce.

Le mot de la fin, je le laisserai à une religieuse, sainte Jeanne Jugan, la fondatrice des Petites Sœurs des Pauvres.
Nous allons nous arrêter sur deux citations de cette grande sainte.

Le bon Dieu m’a bénie parce que j’ai toujours beaucoup remercié la Providence.
Soyez reconnaissante de votre vocation.
C’est une grande grâce que le bon Dieu vous fait de vous appeler à servir les pauvres.
Ne refusez rien au bon Dieu. Rien n’est petit dans la vie religieuseIl faut tout faire par amour.

Aimez bien le bon Dieu ! Il est si bon, le bon Dieu ! Tout pour Lui, faites tout par amour.
Ne refusez rien au bon Dieu, habituez-vous à tout faire pour lui. Dans vos ennuis, il faut toujours dire, Dieu soit béni, merci mon Dieu, ou gloire à Dieu !
Quand vous serez vieille, vous ne verrez plus rien, moi, je ne vois plus que le bon Dieu !

Qu’il en soit ainsi, pour chacun d’entre nous.
Amen.

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