Prière rime avec Rosaire

Le Rosaire, combien de définitions ?

Pour des chrétiens, la prière a une place unique dans la vie de leur foi. Elle est comme une écoute ou une conversation entretenue par l’Esprit Saint et par la communion spirituelle, par la volonté de chacun. Elle exprime la confiance dans le Seigneur, à l’exemple encourageant de sa Mère, la Vierge Marie, Celle qui écouta à Nazareth le Seigneur pour la gloire de Dieu, son salut et le salut de tous. Ces réalités sont dans la prière du Rosaire.
Mais qu’associez-vous au nom rosaire ? Prière, fleur, coutume, Vierge Marie, groupe de personnes, murmures, tableaux anciens ou statue, lieu, pèlerinage, objet ?
Parlons du rosaire, de la référence à la rose, langage d’amour, tendresse, respect. Il appartient au vocabulaire littéraire médiéval. Il désigne une collection ou une chaîne de textes. En latin, on dira sertum ou corona ; le français lui préfère le mot de chapelet (petit chapeau), l’allemand celui de Rosenkranz ; bref, un vocabulaire de la parure, de la coiffe. Le rosaire a éclos à l’époque des florilèges qui sont adressés à la « dame », élue du cœur. À cette époque des XIIe-XVe siècles, la fleur la plus appréciée est la rose, celle que les chapeliers de Paris peuvent encore travailler le dimanche, au Jour du Seigneur ; fleur à laquelle sera symboliquement assimilée la Mère de Dieu. On rapprochait chapeau, couronne, coiffe, roses, fleurs et florilèges.

Mais voilà qu’au XVe siècle, la première fraternité du type d’une « Confrérie de la Vierge Marie et de saint Dominique » regroupe les fidèles pratiquant ce psautier, pour réaliser une mise en commun de leurs richesses spirituelles. Selon la désignation primitive, on priait le « Psautier de Jésus et de Marie », ce qui disait les traits essentiels de cette dévotion. Peu à peu, ce « Psautier » va être appelé « Rosaire » ou « Chapelet ».
Développée par l'ordre des Prêcheurs avec le bienheureux Alain de la Roche vers 1470, cette réalité est devenue un bien commun de l'Église. Le terme Rosarius viendra du P. Michel François, son disciple. Il s’agit du tiers du psautier, 50 psaumes. Le mot de chapelet n’eut pas non plus l’agrément du bienheureux Alain ! « Chapelet, dit-il, est un nom mondain et psautier est un nom spirituel. » Le chapelet rappelait le chapeau… Pourtant le nom restera !


Avec Marie, goûter l’Évangile du Sauveur

La place des mystères de la vie de Jésus-Christ, déployée par la méditation du rosaire permet d'adapter les cœurs à la connaissance de Dieu.
Chacun sait que la prière du rosaire doit aider à connaître Jésus-Christ : elle est traditionnellement organisée en trois séries de mystères du Seigneur : joyeux (annonciation, visitation, nativité, présentation au Temple, retrouvailles de Jésus au Temple), puis douloureux (agonie du Seigneur, flagellation, couronnement, portement de croix, mort) et glorieux (résurrection, ascension, pentecôte, assomption de la Vierge Marie, couronnement de Marie). Parfois se présentera une autre série qui en 2002 offrira les mystères lumineux dont nous parlerons plus avant.

Cette prière résume la foi chrétienne : incarnation du Seigneur, sa passion et sa mort, puis sa résurrection, et ses fruits pour nous dont la première à en bénéficier sera sa Mère, Marie. « Le rosaire est un chemin vers Dieu en compagnie de Marie... Heureux ceux qui cheminent avec Marie » (P. J. Eyquem, op, XXe s.). Cet itinéraire spirituel adoptera l'objet du chapelet comme une corde pour assurer ses pas de pèlerins et parvenir à la source cachée d'où sourd à son heure la confiance en Dieu.

 

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