Prier les Mystères Douloureux avec saint Thomas d'Aquin

Saint Thomas d’Aquin a fait un commentaire des évangiles, presque verset par verset, en enchaînant des citations de textes essentiellement patristiques. Son admirable connaissance des Pères lui a permis de réaliser un commentaire d’une grande profondeur théologique et spirituelle : La Chaîne d’or (Le nom de l’ouvrage vient de ce que les divers textes sont reliés comme les maillons d’une chaîne). Cet ouvrage est utilisé ici pour méditer les mystères du Rosaire.


L’agonie

Il tomba la face contre terre en priant et en disant : Mon Père, s’il est possible, que ce calice s’éloigne de moi. Néanmoins, non comme je veux, mais comme tu veux. (Matthieu 26, 39)

Que ta volonté soit faite. Que tous les enfants de l’Église apprennent à répéter cette parole, afin que, lorsque l’adversité vient fondre sur eux comme une violente tempête, ils puissent triompher de la crainte qu’elle inspire et se montrer animés du courage nécessaire pour la supporter. (Léon, Sermon sur la Passion, 7)

Que la Vierge de compassion nous aide à faire la volonté du Père, sans nous en laisser détourner par l’adversité et les tempêtes.


La flagellation

Pilate prit Jésus et le fit flageller. (Jean 19, 1)

Au milieu de cruels outrages, Jésus garde le silence. Pour vous, ne vous contentez pas d'entendre le récit d'un tel spectacle, mais qu'il soit toujours présent à votre esprit, et imitez le Roi de l'univers et le Seigneur des anges, souffrant avec patience de semblables outrages, et les supportant sans ouvrir la bouche. (Chrysostome)

Prions le Seigneur par la Mère de toute consolation, pour ceux qui souffrent la torture dans une immense solitude.


Le couronnement d’épines

Les soldats tressèrent une couronne avec des épines, qu’ils posèrent sur sa tête, avec un roseau dans sa main droite; et, fléchissant le genou devant lui, ils lui disaient par dérision : Salut, roi des Juifs ! (Matthieu 27, 29)

Pourrons-nous encore être sensibles aux outrages que nous pourrions recevoir, après que Jésus-Christ se soit soumis à d’aussi indignes traitements ? Ce n’était pas une petite partie de lui-même, mais tout son corps, qui était exposé à ces indignités : la tête, par la couronne d’épines, par le roseau et les soufflets ; le visage, par les crachats dont on le couvrait ; les joues, par les soufflets qu’ils y déchargeaient ; tout le corps, par la flagellation. (Chrysostome, Homélie. 87 sur Matthieu)

Par la Vierge des douleurs, demandons au Seigneur de savoir transformer nos souffrances en sacrifice uni au sien.


Le portement de croix

Jésus, portant sa croix, arriva hors de la ville au lieu nommé Calvaire (Jean 19, 17)

Ce n’était pas seulement le Sauveur qui devait porter sa croix, nous devions aussi la porter nous-mêmes, en obéissant à cette salutaire contrainte, et cependant nous ne pouvions retirer, en la portant, un avantage égal à celui que Jésus nous procure en la portant lui-même. Chrysostome, Sermon. sur la Passion)

Par la prière de la Vierge Marie, demandons au Seigneur d’ouvrir nos yeux pour voir sa présence à nos côtés lorsque la croix se fait lourde.


La crucifixion et la mort sur la croix

Quand ils l’eurent crucifié… (Matthieu 27, 35)

Considérez quelle a été la grande puissance de la croix. Adam n’a tenu aucun cas du commandement de Dieu, en mangeant du fruit de l’arbre ; mais tout ce qu’Adam a perdu, Jésus-Christ l’a retrouvé sur la croix. (Augustin, Sermon sur la Passion)

Rendons grâce à Dieu pour le don de la vie et de la liberté qui nous vient de la croix du Seigneur.


Dans un même esprit :
Les Mystères Joyeux, Les Mystères Lumineux et Les Mystères Glorieux

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