Suivre Marie

Une homélie pour la fête de l’Assomption, prêchée le 15 août 2012 à Notre-Dame de Montplacé
 
Frères et sœurs,

Permettez-moi de commencer cette homélie par une question : "Pourquoi êtes-vous venus nombreux ici, à Montplacé, aujourd'hui ?"
Il a fallu prendre la route. Et bien plus que cette marche de ce matin, nous avons pris la route pour Ein Karem, le lieu de la Visitation, un village des montagnes de Judée. Bien sûr, ce n'est pas l'Anjou et ses collines, mais les pentes aux cyprès et aux pins odorants de la Terre Sainte.
Et si nous nous sommes mis en route, c'est pour suivre une femme, la Vierge Marie.

Comme elle, nous avons quitté notre quotidien. La fête de l'Assomption est encore un jour férié dans ce beau pays de France dont elle est la Reine, profitons-en et défendons-le !
Comme elle, nous avons quitté notre maison. D'ailleurs, avez vous remarqué que nous sommes passés devant chez elle, ce matin, sur le chemin ? En effet, une maison porte le nom de Ker Marie.
Comme elle, nous avons répondu à l'appel du Seigneur qui, par l'Église, nous invite à nous rassembler pour fêter la Sainte Mère de Dieu.
Comme elle, nous ne sommes pas seuls. Une fête, une joie, ça se partage. Elle le sait et nous le savons tous.

Elle salue Élisabeth qui se laisse aller à sa joie : "Comment ai-je ce bonheur que la mère de mon Seigneur vienne jusqu'à moi ?"
Et cette question d’Élisabeth, frères et sœurs, aujourd'hui, j'aimerais que ce soit celle de chacun d'entre nous. "Comment ai-je ce bonheur que la mère de mon Seigneur vienne jusqu'à moi ?"

En fait, si vous êtes venus à Montplacé ce matin, c'est pour suivre Marie, pour être avec elle et, finalement, pour qu'elle vienne jusqu'à nous.

Cependant, les textes qui ont été proclamés aujourd'hui nous font regarder au-delà, plus haut. Nous l'avons entendu ensemble : un signe grandiose apparut dans le ciel, une femme !

Et cette femme, nous avons à la suivre. Ein Karem, c'est bien. La gloire du ciel, c'est mieux.

Et là aussi, frères et sœurs, il faut suivre Marie, pour être avec elle et, finalement, pour qu'elle vienne jusqu'à nous.

Suivre Marie, c'est bien beau. Mais j'en entends déjà me dire que ce n'est pas possible, qu'elle est trop parfaite. Eh bien non, Marie n'est pas trop parfaite. Elle est parfaite, certes, et imitable.

Nous la suivrons pour trois raisons.

La première raison -et la préface de la prière eucharistique nous le rappelle- c'est qu'elle a été élevée dans la gloire du ciel.
Et elle nous montre le chemin.
Le ciel est notre objectif, frères et sœurs, et Marie est notre avocate auprès de Dieu. Nous le chantons, les prêtres, les religieux et bon nombre de laïcs, chaque soir, lorsque nous prions le Salve Regina.
La terre, c'est bien. Le ciel, c'est mieux.

La deuxième raison -et nous l'entendrons également dans la préface-, c'est quelle est une parfaite image de l'Église.
Plus on aime Marie, plus on aime l'Église... et vice-versa !
Aimer l'Église, c'est la défendre, souffrir quand elle est attaquée, prier pour tous ses membres.

La troisième raison, c'est parce que Marie est celle qui a cru. Et là, elle est grandement imitable.
Aucun d'entre nous, à moins qu'elle ne soit parmi nous incognito, n'est la Mère de Dieu.
Mais tous, sans exception, nous sommes invités à croire, ne serait-ce qu'un peu, comme elle a cru.

Alors, frères et sœurs, aimez Marie ; vous ne l'aimerez jamais trop.
On aime souvent mal. On n'aime jamais trop.

Aimez Marie, alors vous pourrez la suivre.
Aimez Marie, alors vous serez avec elle.
Aimez Marie, alors elle viendra jusqu'à vous.

Amen.

Category:
Français