Accueil, bonheur et témoignage

Frères et sœurs,

Nous connaissons bien ce récit de la Visitation de la Vierge Marie à sa cousine Élisabeth. Aujourd’hui, plus que jamais, résonne dans le monde entier le Magnificat, ce chant d’action de grâce de la Vierge Marie que l’Église reprend chaque soir lors de l’Office des Vêpres.
Si nous sommes rassemblés ce matin aux pieds de cette chapelle dédiée à Marie, notre Mère du Ciel, en ce jour de l’Assomption, c’est bien pour prier Dieu par son intercession. Et nous sommes spirituellement transportés à environ une journée de marche du Temple de Jérusalem, dans cette petite ville d’Ein Karem (dont le nom signifie « Source de la Vigne ») où habitent Élisabeth et Zacharie.

Ce matin, je vous propose de vous mettre dans la peau d’Élisabeth, de lire ce récit avec ses yeux et de vivre avec elle ce moment particulier de sa vie. Après l’arrivée et la salutation de Marie, Élisabeth pose une question : « Comment ai-je ce bonheur que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? » Dans cette phrase pleine de fraîcheur et de surprise, il y a 3 thèmes que j’aimerais partager avec vous : l’accueil, le bonheur et le témoignage.

Tout d’abord l’accueil. Élisabeth accueille chez elle, de manière imprévue, non seulement sa cousine Marie, mais, sous l’action de l’Esprit Saint, elle prend conscience que c’est Dieu qui vient chez elle : « Comment ai-je ce bonheur que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? ». Élisabeth prend conscience que l’enfant que porte Marie est béni par Dieu. D’une certaine manière, Marie vient présenter pour la première fois son fils Jésus au monde entier symbolisé par Zacharie, Élisabeth et leur enfant Jean-Baptiste.

En ce jour ou nous célébrons la Vierge Marie, il est bon de prendre conscience à notre tour qu’à travers elle, c’est bien Jésus que nous prions. Marie, dans tous les lieux d’apparitions : Lourdes, Fatima, etc. n’a qu’un seul désir : nous tourner, à travers elle, vers son Fils Jésus. La dimension de l’accueil, à l’image d’Élisabeth, nous pousse à notre tour à accueillir Jésus dans nos vies, par l’intermédiaire de la prière mariale… particulièrement le chapelet.

Le deuxième thème est celui du bonheur. C’est Élisabeth qui le dit elle-même : « Comment ai-je ce bonheur ? ». Élisabeth semble toute surprise de cette visite inattendue de sa cousine Marie de Nazareth, elle-même enceinte. Un événement important se passe : « l’enfant à tressailli d’allégresse au-dedans » d’Élisabeth lorsque Marie la salua. Beaucoup plus loin que la visite de Marie à Élisabeth, c’est ici la première rencontre in utero de Jésus avec Jean-Baptiste, celui qu’on appelle le précurseur. Leur deuxième rencontre rapportée par l’Écriture sera sur les bords du Jourdain lors du baptême du Seigneur par Jean. C’est le bonheur qui se lit sur le visage d’Élisabeth comme le bonheur et la joie que l’on peut ressentir personnellement quand quelqu’un vient nous visiter. C’est ce bonheur qui devrait se lire sur le visage de chaque chrétien qui, par le baptême, à accueilli Jésus en lui, est devenu à son tour fils de Dieu, frère de Jésus et fils de Marie.

Le Pape François le disait début juillet dans un discours aux séminaristes et aux consacrés, mais cela vaut pour chacun de nous : « Quand on rencontre un séminariste, un prêtre, une sœur, une novice, qui tire une tête longue, triste, qui donne l’impression qu’on a jeté sur sa vie une couverture bien trempée, de ces couvertures bien lourdes... qui tirent vers le bas… Il y a quelque chose qui ne va pas ! Alors s’il vous plaît : jamais de sœurs, jamais de prêtres avec une tête de “piment au vinaigre”, jamais ! La joie qui vient de Jésus. »[fn]Discours du Pape François – samedi 6 juillet 2013[/fn]

Après l’accueil et le bonheur vient le troisième thème qui est celui du témoignage. On peut aisément penser, même si cela n’est pas dit dans le texte, qu’Élisabeth, remplie de joie, annonça la nouvelle de la venue du Sauveur parmi les hommes.

Cette dimension du témoignage nous concerne nous aussi, car, après avoir accueilli Jésus de manière personnelle dans nos vies, il est nécessaire de transmettre cet amour, ce bonheur qui devrait habiter chacun de nous, chaque baptisé. Quand on nous annonce une bonne nouvelle, on se sent souvent poussé à l’annoncer aux autres pour qu’ils puissent se réjouir avec nous : un mariage, une naissance, une réussite aux examens, etc.

Frères et sœurs, avec Élisabeth, par l’intercession de la Vierge Marie, Notre-Dame de l’Assomption, accueillons à nouveau Jésus dans nos vies. Tous les saints que nous fêtons régulièrement sont pour nous des témoins importants de l’amour de Dieu pour nous et que le bonheur et la joie sont possibles avec Lui.

En ce 15 août 2013, solennité de l’Assomption de la Vierge Marie, n’ayons pas peur de reprendre nos chapelets en mains pour prier Dieu par l’intercession de Marie.

« En Jésus, par Marie ». Soyons assurés que lorsque nous nous confions à la Vierge Marie, notre prière est entendue car nous avons en elle une puissante messagère auprès de Dieu. Notre-Dame de l’Assomption, priez pour nous !

L'auteur de cette homélie

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