Pour qu’un « vilain petit canard » devienne un cygne, la Pentecôte !

Qui aurait cru qu’un jour « le vilain petit canard » aurait la majesté d’un cygne ? J’emprunte cette image aux contes de l’enfance, mais ne nous fait-elle pas poser la bonne question ! Apparemment, voyant un vilain petit canard dans la colonne de ceux qui suivaient la « maman-cane », nul ne se doutait de la majesté de cet oiseau. Mais il y avait tout dans ce « vilain » petit canard » pour qu’un jour il devienne un cygne ! Après sa conception et sa naissance, viendrait le temps de sa croissance. Et on serait étonné, retourné. Un regard vrai prendrait en compte la réalité ! Quitte à devoir réviser ses jugements faux ou incomplets.

L’événement de Pentecôte ne permet-il pas d’en faire autant, d’être transformé ? Ne nous fait-il pas réviser grâce à Dieu nos avis habitués, quand nous méditons la venue de l’Esprit-Saint sur chacun des disciples de Jésus ? Ne faudrait-il pas accepter d’emblée de réviser nos avis limités quand nous pensons à la croissance de la vie chrétienne en nous, et au rayonnement de la vie de la grâce ? En nous, il y a tout d’un « vilain petit canard », promis à mieux.

D’ailleurs, c’était aussi le cas chez les disciples. Et le don de l’Esprit Saint provoqua un changement : comme la manifestation du cygne ! Les apôtres, craintifs et abattus après la mort de Jésus l’avaient revu à Pâques. Ils étaient consolés : Jésus était là comme il l’avait promis ! Et voilà qu’il venait de partir auprès du Père : le sien, le nôtre. Parti ! Il avait laissé l’espérance, comme sa trace ! Mais il leur fallait plus : à savoir les moyens pour que le moteur fonctionne et conduise au but. Les promesses, chacun y est sensible. Quand elles sont données par un ami très cher, chacun est prêt à y croire. Mais on ne les apprécie vraiment que lorsqu’elles sont réalisées.
Depuis l’Ascension et avant la Pentecôte, privés apparemment de Jésus, les disciples étaient comme le petit canard. Et sans doute les considérait-on ainsi dans leur peuple…

Pourtant, ces disciples vont nous montrer « grandeur nature » que chacun est appelé à vivre cette aventure avec l’Esprit de Dieu ! Ils nous montrent aussi qu’à un moment dans la vie chrétienne, il faut accueillir vraiment, consciemment, la venue de quelqu’un d’autre : cet Esprit ! Le déploiement personnel demande à chacun son consentement. Non pas seulement un développement de sa vie naturelle - comme dans le cas du cygne ! Quand l’Esprit vient sur les disciples, c’est la grâce qui vient en eux. Ils deviennent des amis du Seigneur qui partagent sa connaissance du Père, et la vie en Dieu ! Par le simple fait d’exister, ils nous montrent que notre vocation la plus profonde est d’être comme eux, amis du Seigneur Jésus ! Ils nous montrent à la fois l’importance de chacun selon Dieu, et la valeur de la vie sociale de communion : en effet, l’Esprit vient quand les disciples l’attendent ensemble : et l’Église est fondée [Actes 1].

Mais est-ce un rêve ? Peut-être pourrions-nous penser que cultiver l’amitié avec Dieu n’est pas un souci essentiel des gens. Pourtant, mais c’est lui qui s’intéresse à nous - comme il appela André au bord du Lac [Jean 1], comme il appela Lévy derrière son bureau des impôts et taxes à Capharnaüm [Matthieu 9], ou Zachée perché sur son sycomore [Luc 19]!
Nous pourrions penser à priori que Jésus c’est trop fort pour nous ! Mais quand on voit une femme adultère avoir la vie sauve grâce à sa présence [Jean 8], nous rectifions notre opinion… Qui n’a entendu cette parole de Jésus : « C’est la miséricorde que je veux » [Matthieu 9].
Nous pourrions encore penser que nous sommes loin de Jésus. Et ce ne serait pas faux, peut-être… S’il n’avait dit lui-même : « Ma mère et mes frères, ce sont ceux qui écoutent la Parole de Dieu et la mettent en pratique » [Luc 8].
La proximité est proposée… Quand vient la charité sur nous, nous avons seulement à dire notre disponibilité intérieure, à consentir à Dieu ; comme Marie quand l’ange Gabriel est envoyé par Dieu chez elle [Luc 1]. Dieu nous visite et nous interroge. Et c’est alors que « le vilain petit canard » qui s’endort en nous, qui est là essayant d’être comme tout le monde, peut devenir un cygne ou lui-même par la grâce de Dieu !
Pourquoi ne pas désirer cette transformation ?
C’est le moment d’y consentir ! Ce développement éclaire notre existence.

 

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