Les Mystères Lumineux avec le frère Bruno Cadoré

Baptême de Jésus

Au bord du Jourdain, Jean le Baptiste est intrigué de voir l’Agneau de Dieu s’abaisser à demander de recevoir son baptême. C’est que l’hospitalité de Dieu commence précisément par ce geste où le Fils veut rejoindre les hommes jusque dans leur désir de conversion, se faire proche d’eux à partir de ce lieu le plus intime d’eux-mêmes où chacun sait les retournements qu’il désirerait opérer pour s’ajuster à Dieu. Accueillir comme un ami, comme un frère, ce n’est pas seulement accueillir sans condition, c’est aussi prendre au sérieux les aspirations les plus essentielles qui marquent la vie de l’ami, son désir de marcher humblement en la présence de son Dieu. On t’a fait connaître, ô homme…

Noces de Cana

Encore une leçon d’hospitalité ! le meilleur pour la fin. Dans un banquet, il s’agit déjà d’accueillir chacun pour l’introduire à la fête, et lui offrir ce qui réjouira son cœur : l’amitié, la joie, le plaisir du partage. Mais l’hospitalité trouve sa pleine réalisation lorsqu’elle va jusqu’à soutenir, jusqu’au bout, le désir de bonheur, et donne occasion de ne pas banaliser ce dernier, d’être toujours surpris par sa fulgurance, d’être à nouveau relancé dans le désir de la joie.

Béatitudes du Royaume

Heureux, les invités au Royaume ! telle pourrait être une traduction de ces Béatitudes. Nous sommes parfois étonnés par les contradictions, à vues humaines, des promesses des Béatitudes : c’est comme si Dieu dessinait devant nous l’envers du monde que nous connaissons. Mais, à travers ces contradictions, n’est-ce pas seulement l’objet de la promesse qui se voit révélé ? Ne s’agit-il pas, non des conditions où la promesse est entendue, mais de l’horizon même de la promesse : à eux le Royaume ! Voilà ce qui est sous-jacent à cette promesse : hospitalité sera offerte à l’homme en ce lieu et en ce temps, qui ne sont de nulle place précise et de nulle temporalité, nommés Royaume, réalité mystérieuse dont Dieu peut accepter d’être le roi.

Transfiguration

Dressons ici trois tentes ! Ici, les disciples de Jésus se trompent d’hospitalité. Après avoir pourtant pu contempler la gloire de leur Seigneur et Maître, ayant été invités à comprendre qu’en Lui se réalisent la loi et les prophètes, qu’à Lui s’adresse le Père comme à son Fils, après tout cela ils aimeraient le retenir avec eux. Il n’est pas d’hospitalité offerte à Dieu qui serait ainsi captatrice. Dès qu’Il s’approche et manifeste Sa gloire, il faut à l’homme partir, et le suivre jusque sur le chemin de la vie donnée. Il faut, en somme, partir à sa suite pour apprendre de lui comment accueillir tous les hommes dans un sanctuaire de charité. On pourrait dire, en quelque sorte, que la Transfiguration manifeste la portée de la charité, sa puissance transformatrice du monde, sa force de rendre le monde capable d’accueillir Jésus marchant parmi les siens et leur ouvrant sa vie.

Eucharistie

Alors peut être prononcée l’invitation première : Heureux les invités au repas du Seigneur ! N’était-ce pas pour faire entendre, comprendre, cette invitation que le Fils était d’abord un don qu’il fallait accueillir ? Une vie donnée, qu’il fallait accueillir, protéger et porter, pour un jour découvrir que c’est cette vie elle-même qui venait nous porter, nous nourrir, nous faire vivre ! L’hospitalité de Dieu est notre vie.

Dans un même esprit :
Les Mystères Joyeux, Les Mystères Douloureux et Les Mystères Glorieux

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