Les Mystères Joyeux avec le frère Élie-Pascal Épinoux

L’Annonciation

Réjouis-toi comblée de grâce, le Seigneur est avec toi… Voici que tu concevras et enfanteras dans ton sein un fils et tu l’appelleras du nom de Jésus (Luc 1, 28. 31).

La Vierge sage est debout immobile : elle se creuse dans le silence pour accueillir la Parole de
Dieu qui vient bouleverser sa vie et s’incarner en elle. La Vierge prudente demande humblement comment pourra s’accomplir en elle un tel mystère :

Comment cela sera-t-il puisque je ne connais point d’homme ? L’Esprit Saint viendra sur toi et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c’est pourquoi l’être saint qui naîtra de toi sera appelé Fils de Dieu (Luc 1, 34. 35).

La Vierge Immaculée est prise dans le mystère d’Amour de la Trinité Sainte : la puissance du Père l’enveloppe de son ombre : en elle, le ciel descend sur la terre ; l’Esprit Saint vient sur elle et tout son être est vivifié et sanctifié par sa grâce, le Fils de Dieu engendré du Père dans l’éternité par la puissance vivifiante de l’Esprit devient en son sein le Fils de l’Homme, le Fils de Marie. Marie par la foi plonge au cœur de ce grand mystère d’union à Dieu.

Voici la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon Ta Parole (Luc 1, 38) .

La Visitation

En ces jours-là, Marie partit et se rendit en hâte vers la région montagneuse dans une ville de Juda. Elle entra chez Zacharie et salua Élisabeth (Luc 1, 39).

Deux femmes visitées par Dieu : la tout ancienne assise dans l’embrasure de la fenêtre, son ouvrage sur les genoux, la toute jeune debout dans le rayon de lumière de la porte ouverte, la tout ancienne toute en lenteur prudente : cette vie si jeune dans ses entrailles si âgées. La toute jeune tout essoufflée : cette vie si neuve dans son sein virginal qui la soulève et la pousse, la tout ancienne qui n’ose dire encore la nouvelle « et se tenait cachée cinq mois durant » (Luc 1, 24). La toute jeune qui n’ose encore proclamer « les grandes choses que fit pour elle le Tout-Puissant » (Luc 1, 49).

Deux femmes, deux femmes visitées par Dieu et entre elles le mystère d’une salutation.

La Nativité

Chut… Écoutez… Écoutez le grand silence du matin de Noël !

Aujourd’hui il ne se passe rien. Envolées les ailes des anges qui dans la nuit chantaient : « Gloria in excelsis Deo ». Repartis à l’aurore les bergers aux agneaux bêlants.
Aujourd’hui il ne se passe rien. Seuls, de part et d’autre d’un enfant qui dort, veillent un Ange et une femme, et doucement pour bercer ce Dieu nouveau-né qui dort, chantent un Ange et une femme.

Un Ange ? Oui l’Ange qui n’a pas voulu remonter au Ciel ! Pourquoi remonter au Ciel puisque le Ciel est là qui dort dans la crèche ? Et sa voix comme une pluie d’étoiles enveloppe l’Enfant de langes de grâce et de vérité :
Dieu nul ne l’a jamais vu, le Fils unique engendré du Père qui est dans le sein du Père l’a fait connaître (Jean 1, 18) .

Une femme ? Marie, la jeune accouchée qui berce cette merveille unique : son premier-né
ce trésor de lumière et de vie, si fragile et si fort dont elle est la servante éblouie et sa voix d’alouette ivre de soleil enveloppe l’Enfant de langes de tendresse et de lait :

Mon Dieu qui dormez faible entre mes bras,
Mon enfant tout chaud sur mon cœur qui bat,
J’adore en mes mains et berce étonnée,
La merveille, ô Dieu, que vous m’avez donnée.

Et chant contre chant, la voix d’étoile et la voix d’alouette s’enroulent et se répondent,
enveloppant le tout petit Dieu d’avant les siècles de langes de lin tiède et de Lumière éternelle.

Au commencement était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu et le Verbe était Dieu (Jean 1, 1).

La Présentation au Temple

Et lorsque furent accomplis les jours pour leur purification, selon la Loi de Moïse, ils l’emmenèrent en haut à Jérusalem pour le présenter au Seigneur (Jean 2, 22).

Les voici devant les tables des marchands agréés par les Grands Prêtres : elle n’a pas de quoi acheter un agneau pour l’holocauste, elle qui porte dans ses bras « l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde » (Jean 1, 29).

Autrefois Dieu pourvut à l’agneau pour l’holocauste quand Abraham lui offrait son fils, son unique, Isaac (Genèse 22, 8). Aujourd’hui l’Heure vient où le Fils Unique engendré s’offre à Son Père Agneau de la Pâque nouvelle et éternelle : « le prêtre fera sur elle le rite de l’expiation et elle sera purifiée » (Lévitique 12, 8).

Aujourd’hui, 40e jour après Noël, s’accomplissent les soixante-dix semaines de la prophétie de Daniel « pour mettre un terme à la transgression et introduire la justice éternelle » (Daniel 9, 4) : les fils de Lévi sont purifiés et Jérusalem est rachetée.
Aujourd’hui, la Gloire du Seigneur qu’Ézéchiel vit s’éloigner revient dans son Temple non plus « dans le bruit des grandes eaux » mais dans le silence d’un nouveau-né : « et le nom de la ville sera désormais : YHWH est là » (Ézéchiel 48, 35).
Aujourd’hui, l’Ange de l’Alliance s’avance vers l’autel de la Croix. Mais qui l’a vu ?

Le recouvrement de Jésus au Temple

Une fois les jours écoulés, alors qu’ils retournaient chez eux, l’enfant Jésus resta à Jérusalem à l’insu de ses parents (Luc 2, 43) .

Ses premières paroles, son premier geste.
Depuis douze ans « il grandissait et se fortifiait » (Luc 2, 40) dans l’amour de son père et de sa mère. Aujourd’hui « il peut monter à Jérusalem pour la fête selon la coutume » et décider d’y rester.

Depuis douze ans « il se remplissait de sagesse, la grâce de Dieu étant sur lui » (Luc 2, 40) par l’amour de son père et de sa mère. Aujourd’hui il est un fils de commandement qui peut accomplir sa vocation « dans le Temple, assis au milieu des docteurs, les écoutant et les interrogeant ».

Aujourd’hui la paternité de Joseph est accomplie : son fils n’est plus un enfant – incapable de parler – mais un homme qui peut dire qui il est : le Fils de Dieu : « ne saviez-vous pas qu’il faut que je sois dans la maison de Mon Père ? »

Aujourd’hui la maternité de Marie s’accomplit : son fils n’est plus un enfant ignorant mais un homme qui connaît sa mission : le Sauveur Christ Seigneur : « Telles sont les paroles que je vous ai dites quand j’étais encore avec vous : il faut que s’accomplisse tout ce qui est écrit de moi dans la Loi de Moïse, les Prophètes et les Psaumes » (Luc 24, 64).

Dans un même esprit :
Les Mystères Lumineux, Les Mystères Douloureux et Les Mystères Glorieux

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