"En quoi cette nuit est-elle différente des autres nuits ?"

Frères et Sœurs,

Dans la célébration de la Pâque juive, la liturgie du premier soir commence toujours par une question, posée par le plus jeune garçon présent : « En quoi cette nuit est-elle différente des autres nuits ? » et le père de famille répond en racontant la sortie d’Egypte.
Nous sommes dans la Nuit de Noël et nous pouvons faire nôtre cette question en imaginant que le plus jeune enfant de notre assemblée pose cette question : «En quoi cette nuit est-elle différente des autres nuits ? » Oui, vous êtes venus nombreux ce soir, tout simplement parce que cette nuit est différente des autres nuits de l’année : C’est la Nuit de Noël !
Un sentiment profond, au plus intime de notre cœur, nous a fait dire qu’il est important pour nous d’être présent ici ce soir !
Les premiers mots du Livre d’Isaïe nous fond passer de l’état de « veilleur » à celui qui accueille : « Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière ; sur ceux qui habitaient le pays de l’ombre, une lumière a resplendi. » Frères et sœurs, ai-je besoin de vous le dire ? : Ce peuple c’est NOUS !
Dans beaucoup de domaine, nous marchons aujourd’hui dans les ténèbres, nous sommes une société individualise ou c’est le chacun pour soi qui domine, le nez devant l’écran de l’ordinateur, de l’I.Phone, de l’I.Pad… c’est la réussite qui passe en premier, argent, plaisir, confort…seul peut-être les journaux d’informations nous donnent parfois une sensation de malaise mais qui est vite passé !
Pourtant, en cette nuit, « une grande lumière s’est levée ; une lumière a resplendi. » - « Oui, un enfant nous est né, un fils nous a été donné ». Et c’est ce petit enfant couché dans la crèche qui nous rassemble. Nous avons devant les yeux la Vierge Marie, Joseph et l’Enfant-Jésus.
Si nous avions de la place, je vous inviterais tous à venir vous assoir devant cette crèche car ce petit enfant qui est né cette nuit n’est pas celui d’un comte de fée. Les quelques phrases de l’Evangile de S. Luc qui ont une allure de jolie petite histoire qu’on lit un soir d’hiver au coin du feu n’ont rien d’un comte.
Si S. Luc prend soin de bien noter l’existence vérifiable historiquement de l’empereur Auguste et de Quirinius, gouverneur de Syrie, c’est bien pour nous montrer, preuve à l’appui, que ce petit Enfant-Jésus est réel. Oui, il a existé, il n’est pas un dieu sortie de nulle part, Il est Dieu. Qu’on se le dise !
En cette « Année de la foi » que nous vivons dans l’Eglise universelle, il est bon de réentendre ce que notre foi nous fais dire chaque dimanche dans le credo : « Pour nous les hommes, et pour notre salut, il descendit du ciel ; par l’Esprit-Saint, il a pris chair de la Vierge Marie, et s’est fait homme. » C’est bien là notre foi ! Et nous n’avons pas à en rougir ! Et pour bien signifier cela, tout à l’heure nous nous mettrons à genoux lorsque nous dirons ces paroles qui sont pour nous pleines de sens et de vérité.
Oui, chers amis, c’est Noël, et « la grâce de Dieu s’est manifestée pour le salut de tous les hommes. » Nous sommes invités, chacun à notre tour, de manière personnelle, à prendre Jésus dans nos bras à la suite de la Vierge Marie. Nous sommes invités à tenir Jésus contre notre cœur. Mais bien plus encore, nous sommes invités à faire entrer à nouveau Jésus dans nos cœur car c’est là qu’Il désir habiter : EN NOUS.
« Il s’est donné pour nous afin de nous racheter de toutes nos fautes et de nous purifier pour faire de nous son peuple, un peuple ardent à faire le bien. » C’est une chose difficile à entendre aujourd’hui. L’homme est sans faute, sans péché. Combien de fois j’entends dire : « Mon Père, je n’ai pas besoin de ce truc venu du Moyen-âge, c’est dépassé, et en plus, je n’ai tué personne ! » Pourtant, en cette nuit très sainte, Dieu nous offre en cadeau son propre Fils, Jésus à la fois homme et à la fois Dieu, pour nous sauver et pour nous ouvrir les portes de la Vie Eternelle.
C’est essentiel de croire cela. Mais pour y croire, il faut avoir un cœur ouvert. Un cœur prêt à accueillir ce message plein de tendresse : « vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. »
Nous l’avons chanté, sans doute à mi-voix, peut-être même sans réelle conviction : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes qu’il aime. » Il nous faut reprendre cela d’une voix forte, convaincue, remplie de foi et d’espérance…

Frères et sœurs : «En quoi cette nuit est-elle différente des autres nuits ? »
Ce soir, avant de quitter cette église, venez, avancez et prenez ne serai-ce que quelques secondes devant cette crèche. Devant cette modeste représentation du lieu ou le Sauveur c’est fait homme, prenez le temps de prier et d’accueillir Jésus dans vos vies. Nous sommes un peuple ardent appelé à faire le bien. Priez mes frères, car le monde entier en a besoin.
Oui, « le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière », un enfant nous est né en cette Nuit de Noël. C’est l’amour avec un grand A qui nous est offert par Dieu. Ne laissons pas passer cette chance d’être aimé à 100% et de pouvoir transmettre cet amour à tous ceux qui sont autour de nous. C’est bien là ce qui fait que cette nuit est différente des autres !
Si j’ai un seul souhait pour vous tous en cette Nuit de Noël 2012 c’est que vous puissiez à nouveau ouvrir votre cœur à l’amour de Dieu, à l’amour de ce petit enfant de la crèche qu’on appelle l’Emmanuel « Dieu parmi nous » et que vous puissiez ensuite rayonner de cet amour autour de vous ! Le monde en a tant besoin.
Joyeux Noël à Tous. Amen.

L'auteur de cette homélie

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