Que trouver à Lourdes ?

Un témoignage d’Alain Bortoli, après le Pèlerinage du Rosaire 2012, paru dans la Revue du Rosaire de décembre 2012


J’étais déjà allé à Lourdes plusieurs fois, comme un touriste, un curieux, un chercheur… Je n’y avais jamais rien trouvé de particulier, sauf peut-être, dans un souvenir lointain, la représentation de la Vierge au cœur de la basilique du Rosaire, qui me tendait les bras.
J’avais du mal à comprendre la dévotion de tous ceux que je croisais.
Par deux fois, je m’étais laissé allonger dans la piscine, sans autre ressenti que de sentir l’eau froide.
Je n’avais jamais rien compris.

Avec l’équipe de Véronique, mon épouse, ce pèlerinage, que Jeannine, plus particulièrement, m’a invité avec enthousiasme à faire, a changé mon regard sur Lourdes et m’a permis d’approfondir ma foi et ma relation à Marie, à Jésus et à l’autre.

Je remercie de tout mon cœur mes deux sœurs en Christ, Véronique, (plus Marie Madeleine avec sa précipitation permanente à courir vers le Christ, Marie et la prière), et Jeannine, (plus Marthe, avec sa capacité à se mettre au service et à organiser le chemin de table du Seigneur), sans lesquelles, mon séjour, n’aurait sûrement pas eu la même profondeur.
Qu’elles en soient bénies !

Je remercie aussi tous ceux qui ont participé à ce voyage ou que j’ai rencontrés, pour leur gentillesse, leurs échanges, leur chaleur.


Ce que j’ai trouvé à Lourdes

Marie bien sûr, qui m’a fait pleurer souvent et que j’aime de tout mon cœur et de toutes mes forces. Déjà j’étais aimant de la Vierge Marie, mais aujourd’hui, je souhaite me mettre à son service, ainsi qu’à celui de son Fils avec une liberté nouvelle : j’ai fait ce choix d’entrer dans l’Église sans retenue et sans contestation alors que j’ai toujours été récalcitrant, provocateur.
À la messe du dimanche qui a suivi le pèlerinage, le Christ (en regardant la Croix) m’a fait pleurer et j’ai dit : Seigneur, je viens faire ta volonté. Et c’était une joie.

À côté de Marie, Jésus toujours là : le Rosaire a pris pour moi un véritable sens : celui du Chemin, de la Vérité, de la Vie. Je vais en faire mon instrument de rencontre permanent entre le Ciel et les Hommes.
Merci aux frères prédicateurs qui ont su nous transmettre leur Amour pour la Vierge Marie, Jésus et le Rosaire.
Prier le Rosaire, c’est aussi lutter contre les forces du Mal, avec Marie qui a écrasé le serpent des origines et avec Jésus qui par sa Croix sauve le monde des assauts du Mal. Je sais maintenant, que dans ce combat, je suis constamment soutenu, que la prière du Rosaire (je ne quitte plus le chapelet) me libère, me réconforte et me rend heureux.
J’ai toujours eu beaucoup de difficultés à reconnaître que le Mal, pouvait « être » en tant que tel.
Avant de quitter Lourdes, après la messe de clôture, je suis allé avec Jeannine à la Chapelle de l’Adoration. Le silence religieux fut rompu bruyamment par l’arrivée d’un groupe qui accompagnait une jeune femme habitée par un esprit malin qui la tourmentait violemment (lutte, contorsions, spasmes, crachats, vomissements, cris …). Force prières, par le groupe, puis très rapidement par toute l’Assemblée, imposition des mains par un Père, embrassements d’une image de la Vierge Marie, maintes fois rejetée.
Cela a duré un bon moment.
Je suis parti avant la fin parce qu’il y avait un train à prendre, je ne sais dire si cette femme a été libérée, mais ce que j’ai perçu, c’est qu’elle était plus apaisée lorsque je suis parti.
Je pensais quitter Lourdes avec beaucoup de joie au cœur après trois jours d’intenses bénédictions. Cet événement m’a ramené à la « lourdeur » de notre monde, j’ai été très remué par cet épisode. Je sais, définitivement, que le Mal existe et qu’il est présent partout et surtout là où on ne l’attend pas.

L’humanité souffrante, le peuple des rachetés, la foi et l’espérance: j’avais toujours eu un regard compatissant pour les malades, aujourd’hui mon regard est différent, il est empreint d’un amour que je n’avais pas particulièrement.
Je ressemble à la multitude et la multitude me ressemble. Nous sommes le Corps du Christ.

Des célébrations pleines de ferveur, d’Amour pour Marie, notre Mère avec des homélies pleines de vie.

Je suis rentré bien fatigué, comme tous les autres sûrement, mais davantage à cause des charges émotionnelles que des efforts physiques.
Ce pèlerinage a été une joie intense et j’en ressens encore beaucoup de bonheur. J’éprouve également une grande libération.
Je retournerai à Lourdes pour le prochain pèlerinage du Rosaire.

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